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Olympie

"Peut participer aux Jeux, tout Grec libre de condition, non coupable de crime et non chargé de malédiction divine. Que le monde soit délivré du crime et de l'assassinat et exempt du bruit des armes"

Histoire d'Olympie

Le sanctuaire d'Olympie a été occupé dès le 3ème millénaire avant JC. A l'origine, on y adorait la déesse de la féminité, Déméter, Rhea et Cronos. De tous temps, Olympie ne fut habitée que par des prêtres et par le personnel chargé des temples et, par la suite, de l'organisation des jeux. Vers le 2ème millénaire, la région était annexée au royaume de Pise. En 1100 avant JC, les Eléens s'en emparent et y établissent le culte de Zeus.

La légende raconte que ce sont les dieux qui, les premiers, s'affrontèrent dans des épreuves sportives à Olympie. Zeus aurait vaincu Cronos à la lutte et Apollon aurait vaincu Arès au pugilat et Hermès à la course.
C'est Héraclès qui aurait déterminé l'emplacement et les dimensions du stade.

Les premières olympiades se déroulèrent en 776 avant JC, date marquant le début des jeux qui se dérouleront tous les quatre ans jusqu'en 393 après JC lorsque l'empereur byzantin Théodose 1er décrète l'interdiction de tous les jeux païens sur la demande de l'évêque Ambroise. L'esprit des jeux panhelléniques avait déjà été fortement altéré depuis 146 avant JC, avec l'arrivée des Romains. Ils avaient perdu leur caractère sacré tout en ayant été modernisés. En 426, Théodose II ordonne même la destruction des temples du sanctuaire.

Durant chaque olympiade, une trêve militaire entre les différentes cités était instaurée afin de permettre aux spectateurs et aux athlètes de se déplacer sans danger.
Les cités rivalisaient entre elles pour envoyer les meilleurs athlètes mais également les plus belles offrandes. En marge du sanctuaire et de l'organisation des jeux, Olympie devint également un centre diplomatique important puisqu'il devenait, tous les quatre ans, un lieu de rencontre privilégié des représentants de toutes les cités grecques.
Cependant elle perdit son rôle politique et religieux sous l'autorité romaine et seul l'aspect festif fut conservé.

Au 5ème siècle, le site est abandonné et ne sera redécouvert qu'au 18ème siècle lorsque quelques érudits explorèrent la ville. Les premières véritables fouilles débutèrent en 1829.



Visitez Olympie

Olympie est blottie dans la vallée de l'Alphée et s'étire sur les pentes du Mont Cronion, au milieu d'oliviers sauvages.
Le centre du sanctuaire est constitué de l'Altis, vaste rectangle de 200 mètres sur 175. il constituait autrefois la partie sacrée d'Olympie où toute arme était interdite. Dans cette enceinte, vous pourrez admirer les deux temples principaux, consacrés à Zeus et à Hera ainsi que la série de trésors, petits monuments offerts par les différentes cités et qui abritaient les offrandes qu'elles faisaient au sanctuaire.
Olympie n'a jamais été une ville et donc , vous n'y trouverez pas trace d'habitation, mis à part les résidences des prêtres et des personnes chargées d'entretenir le site et la flamme ainsi que l'énorme bâtiment qui servait d'hôtel aux personnes importantes invitées aux jeux.

Les bâtiments consacrés aux entraînements et aux épreuves sportives sont nombreux et imposants, palestre gymnase, stade, hippodrome...
Il faut également citer le grand atelier de Phidias, sculpteur renommé à qui de nombreux athlètes ou représentants de cités passaient commande sur place afin de célébrer une victoire ou remercier une divinité.

Vous n'échapperez pas au charme d'Olympie et ... tendez bien l'oreille… vous entendrez les cris enthousiastes des spectateurs acclamant leurs champions, oubliant pour un moment que leur cité est en guerre avec celle de leur voisin.


Bonne visite...



Organisation du sanctuaire d'Olympie

Organisation du sanctuaire d'Olympie

Chaque sanctuaire grec est établi sur une structure de base identique. Ils sont à l'origine établis dans un bois sacré comme l'Altis à Olympie et délimité afin de l'épargner de toute souillure.
Un autel consacré à un dieu est alors érigé et va servir pour les sacrifices. Le dieu, sous forme de statue prend place dans un temple qui lui est consacré. Régulièrement des processions s'y déroulent.
Le sanctuaire est entretenu et surveillé par du personnel attaché au temple : les gardiens, les sacrificateurs, les officiants. Les prêtres, quant à eux, n'étaient pas nommés à vie. Ils recevaient un salaire prélevé sur le trésor du temple pendant toute la durée de leur charge. Ce trésor était constitué grâce aux dons des particuliers et des cités. Les sacrifices étaient également rétribués. Certains sanctuaires devenaient ainsi extrêmement riches et attiraient les convoitises des étrangers.

A Olympie, le temple consacré à Zeus date du 5ème siècle avant JC et a été conçu par l'architecte Libon en style dorique à lourdes colonnes.
Il était autrefois recouvert de décors polychromes et dans le naos trônait l'imposante statue chryséléphantine de Zeus sortie de l'atelier de Phidias. Elle mesurait +/- 12 mètres de haut et devait atteindre le plafond.
Phisias exécuta cette œuvre en 430 sur le site même. De nombreux documents la mentionnent et la décrivent : le dieu était assis sur u trône orné de scènes mythologiques, il tenait dans la main droite une Victoire et, dans la gauche, un sceptre.
Les frises du temple représentaient à l'ouest une scène de centauromachie et, à l'est, la course de char entre Pelops et Oïnomaos.

Si le temple le plus imposant d'Olympie est sans aucun doute celui de Zeus, le plus ancien est celui d'Hera. Il a été construit vers 600 avant JC sur les vestiges d'un premier temple. Les colonnes de pierre avaient alors remplacé les colonnes en bois mais avaient conservé le style dorique.

Au pied du Mont Cronion, sur une terrasse naturelle, a pris place au fil du temps, une série de petites constructions, les Trésors, élevés par les différentes cités pour abriter les offrandes qu'elles faisaient à la cité.




Preparation aux jeux olympiques

Preparation aux jeux olympiques

Les jeux panhelléniques étaient intimement liés au culte, ceux d'Olympie étaient consacrés à Zeus.
Ils servaient à louer les qualités physiques mais également morales des athlètes reconnus par tout un peuple unifié pour un moment dans une religion commune.
Les Olympiades étaient donc avant tout une fête religieuse comprenant sacrifices et célébration des victoires au temple de Zeus (ou d'Héra pour l'épreuve de course à pied réservée aux jeunes femmes).
Les jeux ont également une vocation politique puisque les concurrents représentaient leur cité et leur famille.

Pour les Grecs, le sport était extrêmement important car il sous-entendait une hygiène, une moralité et un esthétisme irréprochables.
Ils associaient en effet beauté du corps et beauté morale. C'est pourquoi les épreuves sportives étaient accompagnées de concours musicaux et littéraires.
Quelques semaines avant l'ouverture des jeux, des messagers appelés spondophores, parcouraient la Grèce et les colonies pour annoncer le début de la trêve sacrée. Toute personne qui enfreignait celle-ci était exclue des jeux et devaient payer un lourd tribut au temple de Zeus.
Tous les athlètes devaient suivre un entraînement de dix mois dans leur cité avant de gagner Elis où l'entraînement reprenait durant un mois selon un rituel bien précis.
Chaque séance était précédée d'un bain, ensuite le corps était enduit d'huile.
A la fin, l'huile était raclée avec des strigiles et les athlètes reprenaient un bain.
Entraînement et régimes étaient strictement surveillés par des hellanodices. Les athlètes devaient manger la même nourriture et dormir à même le sol. Les infractions à ces règles étaient sévèrement punies, souvent par l'exclusion des jeux.

Après cette période, les athlètes prenaient la route vers Olympie. Ils mettaient deux jours pour parcourir les 57 kilomètres séparant la ville du sanctuaire. Tout le long de leur parcours ils étaient acclamés par une foule nombreuse.

La fête débutait par une grande procession qui conduisait les prêtres et les délégations jusque dans l'Altis. Après les sacrifices, les épreuves sportives pouvaient commencer. La première était une course. Le vainqueur recevait l'honneur d'allumer la flamme de l'autel de Zeus et de donner son nom à l'olympiade.
Durant cinq jours se succédaient :

  • les courses
  • la lutte
  • les courses de chevaux
  • le pentathlon
  • et enfin les courses réservées aux enfants
Les concours de poésie et de littérature se déroulaient parallèlement.

Le public était fort nombreux. Pas moins de 50 000 spectateurs assistaient aux différentes épreuves. Les esclaves et les femmes ne pouvaient pas y assister. Cependant les jeunes filles non mariées pouvaient pénétrer dans l'enceinte sacrée.

Le dernier jour, on offrait une couronne d'olivier sauvage aux différents vainqueurs.
Après un sacrifice aux dieux, un grand banquet était offert. De retour au pays, les champions olympiques étaient considérés comme des héros. Des poètes chantaient leurs exploits et des statues étaient érigées à leur effigie.




Les batiments sportifs d'Olympie

Les batiments sportifs d'Olympie

Vers le 3ème siècle avant JC, la palestre, mesurant 66 mètres de côté, fut construite à l'ouest de l'Altis. C'est là que les athlètes s'entraînaient à la lutte, la boxe et le saut.
Elle était composée d'une grande cour à péristyle entourée de différentes pièces servant aux massages, aux vestiaires, etc...

A côté de ce bâtiment, se situait un gymnase de 120 mètres sur 200, composé également d'une cour entourée de portiques. Il servait à s'entraîner au disque, au javelot et à la course.
Le stade d'Olympie était le plus grand de la Grèce antique. Il mesurait 212 mètres de long sur 30 de large et 20 000 spectateurs pouvaient y prendre place, debout sur les talus le bordant.
Seuls les hellanodices avaient droit à des places assises.
Un passage voûté reliait le stade à l'Altis.

Enfin l'hippodrome jouxtait le stade. Il mesurait 780 mètres.
Les quadriges devaient parcourir douze fois la piste. Parfois cent chars étaient inscrits dans la même épreuve, ce qui explique la longueur de la compétition. Les chutes étaient nombreuses, surtout dans les virages lorsqu'il fallait contourner les poteaux.




Les autres batiments d'Olympie

Les autres batiments d'Olympie

Outre les édifices religieux et les bâtiments spécifiques aux jeux, on dénombre à Olympie quelques autres constructions :

  • le Prytanée des Eléens, résidence des magistrats où se tenait le banquet de clôture des jeux en l'honneur des vainqueurs
  • le Philippeion, bâtiment circulaire en marbre de style ionique, nommé en l'honneur de Philippe II de Macédoine en souvenir de ses victoires militaires et sportives
  • le Bouleuterion, siège du conseil olympique et abritant les archives. C'était dans ce bâtiment que chaque athlète devait prêter serment avant les Jeux. Les tricheurs ou les athlètes enfreignant les règles devaient offrir une statue en bronze de Zeus, les Zanes, qui prenaient place dans l'Altis
  • le Théokoleon, résidence des prêtres
  • le Leonidaion , sorte de grand hôtel de plus de 80 chambres où logeaient les visiteurs de marque.




Kotinos, la couronne d’olivier

Kotinos, la couronne d’olivier

A la fin des compétitions, les vainqueurs des différentes épreuves recevaient une couronne d'olivier sauvage. Ils recevaient les honneurs au nom de leur famille et de la cité qu'ils représentaient et avaient le droit d'ériger une statue dans l'enceinte sacrée, l'Altis. De retour chez eux, ils étaient accueillis en héros et les poètes composaient des odes pour eux. Certaines cités leur offraient la nourriture gratuite à vie et l'exonération de taxes.




Disque en bronze d'Olympie

Disque en bronze d'Olympie

Le lancer du disque était une des épreuves olympiques. Les disques étaient en bronze et pesaient entre 1 et 4 kilos. Tandis que le bras droit de l'athlète décrit un large cercle d'avant en arrière, la force du lancer provient de la détente de la cuisse et du déploiement du corps replié. Afin que le disque ne glisse pas entre les doigts, il était enduit de sable.




Aryballe

Aryballe

Les aryballes sont de petits récipients en terre cuite dans lesquels les athlètes conservaient l'huile dont ils s'enduisaient le corps. Les plus anciens connus remontent à +/- 700 avant JC.
Chaque séance d'entraînement était précédée par un bain et le corps était entièrement oint d'huile.




Zeus de Phidias

Zeus de Phidias

Dans le naos du temple de Zeus se trouvait la statue chryséléphantine du dieu réalisée par Phidias vers 430 avant JC. Elle était une des sept merveilles du monde antique. Zeus était représenté sur un trône et tenait une victoire et son sceptre.
Les parties nues du corps étaient en ivoire, le vêtement, la barbe et les cheveux en or.
Une couronne d'olivier ceignait sa tête.

En 395 après JC, la statue fut transportée à Constantinople où elle fut détruite par un incendie en 475.