Guide Touristique : Ouarzazate

Ouarzazate

Le site d'Ouarzazate était occupé dès la préhistoire ainsi qu'en témoignent les peintures rupestres découverts dans les alentours. Cependant, ce sont les Berbères qui sont les premiers occupants connus de cette région située au sud du Maroc, au pieds du Haut Atlas.
Idéalement localisée au carrefour entre pays du Nord et du Sud de l'Afrique, Ouarzazate fut rapidement convoitée. Au 7èeme siècle, elle est islamisée par Oqba Ibn Nafia et devient un haut lieu de passage pour les caravanes venues du Soudan et en route vers Fez et Marrakech. Les marchands de toutes nationalités et de toutes religions s'y croisent et de petits royaumes juifs s'établissent, attirés par les ressources minières de la région.
Au 12ème siècle, le sultan Yacoubel Mansour va tirer profit de la situation et dynamiser le commerce. L'essor économique et parallèlement culturel est immédiat.
C'est lorsque débutent les échanges entre l'Afrique et l'Europe que Ouarzazate va décliner au profit des villes du littoral plus accessibles.

Au 17èeme siècle, la dynastie alaouite redonne vie à la région qui en échange s'attache à la couronne. Les Français vont coloniser la région et fondent, en 1928, à Ouarzazate une ville de garnison. Cependant la présence coloniale est mal supportée et en 1956, les habitants retrouvent leur indépendance et fêtent le retour de Mohamed V.
Dans les années 60, l'agriculture connaît également un grand essor grâce à la construction du barrage El Mansour Eddahbi.

Depuis lors, Ouarzazate est devenue une cité florissante, haut lieu de tourisme et capitale de l'industrie cinématographique du Maghreb.



Visite Ouarzazate

Ouarzazate, ville frontière entre désert et montagnes, première étape de « la route des 1000 kasbah » offre à ses visiteurs un mélange harmonieux d'oasis, constructions de pisé et riches vallées agricoles. Depuis quelques décennies, les habitants ont exploité l'attrait exercé par leur cité sur les touristes en quête d'insolite et de vacances sortant des chemins battus.
C'est pourquoi vous trouverez dans ce lieu sorti de la nuit des temps tout le confort des hôtels de luxe, une solide infrastructure, l'accueil mythique des Berbères mais également la possibilité de pratiquer le golf.
Pour les plus sportifs, des randonnées pédestres, des escalades et des trekkings sont organisés permettant de découvrir les fabuleux paysages, gorges, vallées et oueds qui entourent Ouarzazate.
Au sein de ses murs cuits sous le lourd soleil du Sahara, la cité présente une également une grande richesse culturelle. Vous pourrez assister au festival d'arts populaires d'Ahwach, visant à la fois au maintien du patrimoine artistique et à une ouverture au monde moderne.
Mais Ouarzazate c'est aussi la « Hollywood » du Maghreb. Ses paysages, sa diversité raciale ainsi qu'une exceptionnelle lumière ont attiré de nombreux cinéastes dont Martin Scorcesse ou Alain Chabat. Peut être croiserez vous ainsi Asterix ou Lawrence d'Arabie revenus hanter les rues d'Ouarzazate.
Bonne visite à Ouarzazate...


Bonne visite...



Les Casbahs de Ouarzazate

Les Casbahs de Ouarzazate

Les premiers peuples sédentaires du Sahara apparaissent vers le 2ème siècle. Ce sont les premiers agriculteurs et éleveurs de la région.
Les familles patriarcales fondent des petits villages fortifiés regroupant quelques habitations, appelés ksars. Dans ces ksars, la maison du maître domine les autres bâtiments, c'est la casbah.
On peut aussi rencontrer quelques casbahs isolées loin de tout village, vivant en autarcie.
La vallée du Dades ou se situe Ouarzazate a été baptisée la vallée aux 1000 casbahs. Certaines d'entre elles sont classées au patrimoine mondial. C'est le cas pour la casbah de Taourirt située au coeur d'Ouarzazate. Autrefois petite médina berbère, Taourirt est devenue la résidence du pacha El Glaoui et restera possession de la famille jusqu'en 1956.
Construite en blocs de terre séchée et de paille recouverts d'un mélange de terre et de chaux, elle est décorée de motifs géométriques et peinte dans des tons ocres et blancs.
Les étages sont séparés par un assemblage fait de poutres de peuplier blanc et de plusieurs couches de tiges de lauriers roses disposés artistiquement pour former des motifs géométriques formant le plafond des étages inférieurs. Cet entrelacs est recouvert de terre et sert de plancher aux étages supérieurs.
La sobriété extérieure des bâtiments ne laisse pas présager de la richesse des décors intérieur, en particulier les murs et plafonds qui sont entièrement recouverts de splendides peintures.
Ces constructions fragiles sont rapidement détériorées par le vent et le sable du désert . C'est pourquoi les plus belles d'entre elles sont protégées et des budgets ont été débloqués en vue de leur restauration. Le gouvernement espère ainsi préserver un riche patrimoine culturel national.
A l'heure actuelle, plus de la moitié de ces casbahs sont en ruine. Les populations locales ont préféré rejoindre les villes et le confort des habitations modernes.
Heureusement de nombreux investisseurs privés s'intéressent à cette architecture ancestrale et ont commencé à les restaurer à des fins touristiques. Huit casbahs sont ainsi devnues des hôtels et des restaurants luxueux.




Le Pacha El Glaoui

Le Pacha El Glaoui

En 1907, les Glaoua, puissants chefs berbères et riches propriétaires de mines de sel et de manganèse négocient et obtiennent de la France pré-coloniale un protectorat. Le caïd Modani El Glaoui devient ainsi grand vizir et son frère Thami Glaoui prend le titre de pacha de Marrakech. Il ne le restera que fort peu de temps. Au dévut de la colonisation, Thami passe pour être le purificateur des tribus rebelles du sud et parvient à se rendre indispensable aux Français. A la mort de son frère, il devient chef de famille et retrouve peu après son statut de pacha. Il pénètre dans les sphères françaises influentes, rencontre Pétain et Boussac, devient ami intime de Winston Churchill.
A la mort de son neveu Hammou qui régnait sur Ouarzazate, il étend son territoire et confie la ville à son fils aîné Brahim.
El Glaoui devient un personnage important, grand propriétaire terrien grâce aux expropriations et son train de vie est époustouflant.
C'est aussi un homme d'affaires et il investit intelligemment en devenant actionnaire de solides entreprises. La polémique reste d'actualité : El Glaoui était il un patriote voulant protéger son pays contre un modernisme qu'il refusait et manipulé par la France et particulièrement par Juin ou au contraire un traître ne voyant que son propre intérêt ?
Toujours est-il qu'il soutient à fond le protectorat français et s'insurge contre les revendications nationalistes de Mohammed V mettant ainsi fin à leur amitié.
Il réalisera trop tard qu'il a joué la mauvaise carte. Les adeptes de l'indépendance du Maroc obtiennent de plus en plus d'appui à Paris.
En octobre 1955, il reconnaît son erreur et renoue avec Mohammed V devant lequel il va jusqu'à se prosterner. Il est pardonné mais meurt d'un cancer quelques temps plus tard.
Les biens de la famille sont confisqués et deviennent « bien public ». la famille Glaoui ne doit la vie sauve qu'à l'intervention de Mohammed V en leur faveur.




Le cinema a Ouarzazate

Le cinema a Ouarzazate

Ouarzazate a été le théâtre de plus de 40 longs métrages et d'un grand nombre de films publicitaires. La lumière, la diversité des paysages et des ethnies, la main d'oeuvre locale qualifiée font de cette ville l'endroit rêvé pour les réalisateurs. Sans devoir se déplacer, ils ont accès à des décors naturels allant des déserts aux cimes enneigées, des vallées verdoyantes aux lacs et oasis en passant par les oueds et les casbahs. De plus, les artisans locaux sont prêts à construire en un temps record toute construction nécessaire au film grâce à leur savoir faire séculaire.
Trois studios de production se sont établis autour d'Ouarzazate dont l'Atlas Corporation Studios accessible au public.
Tous ces avantages ainsi qu'une main d'oeuvre bon marché et de grands avantages financiers au niveau des taxes et impôts expliquent l'engouement des producteurs qui voient le budget du tournage diminuer de parfois 50%.

Pour la population d'Ouarzazate, l'enjeu économique est énorme. Chaque grosse production tournée chez eux apporte d'énormes retombées financières. Un film génère ainsi un important chiffre d'affaires et assure plusieurs milliers d'emplois pendant plusieurs mois. Le secteur hôtelier profite de cette industrie cinématographique.
Enfin, l'expérience ainsi acquise et la cohabitation avec de grandes firmes américaines et européennes favorisent l'expansion du cinéma marocain.




Les Ighrems

Les Ighrems

La plupart des villages possèdent un grenier collectif appelé Ighrem, construit en général sur un piton rocheux isolé ou au sommet du village.
On ne connaît pas exactement l'époque de leurs premières implantations. Ils sont mentionnés dès le 16ème siècle mais il est sont probablement largement antérieurs à cette date.
Ce sont les conditions climatiques des régions désertiques et les périodes de disette qui ont rendu nécessaires le stockage d'aliments.
Pour ne pas subir le pillage de leurs provisions, les habitants firent de ces greniers de véritables forteresses à tours d'angle dans lesquelles ilspouvaient se réfugier en temps de guerre.
Aujourd'hui les Ighrems n'ont gardé que leur fonction de greniers. Ce sont des lieux aussi sacrés que les mosquées. Aucun péché ne peut y être commis, que ce soit le vol, l'adultère ou même le mensonge.
Chaque chef de famille est propriétaire d'une case dont il conserve la clef et dont il doit assurer l'entretien. Les parties communes sont à charge de la collectivité.
Un gardien est nommé et doit surveiller en permanence l'édifice.
Le plan des Ighrems est partout plus ou moins le même : une seule entrée en chicane débouchant sur une cour intérieure sur laquelle s'ouvrent en un ou plusieurs étages toutes les cases. Il n'y a aucune ouverture vers l'extérieure mis à part des bouches d'aération.
Souvent quelques autres bâtiments y sont annexés : habitation du gardien, forge, moulin et même une mosquée. L'ensemble est géré par le conseil du village rassemblant un membre par famille. Ce conseil entrepose également dans l'Ighrem les archives et les biens précieux du village.
Sur chaque dépôt d'aliments, quatre prélèvements sont effectués afin de nourrir les nécessiteux, l'imam de la mosquée, le gardien du grenier et trois marabouts.




Tapis Ouzguitas

Tapis Ouzguitas

A Ouarzazate, un centre artisanal rassemble quelques ateliers spécialisés dans le tissage des tapis « Ouzguitas » de la tribu des Aït Ouaouzguite.
Cette tribu élève dans le Haut Atlas une race de moutons donnant une laine soyeuse à longues fibres ce qui explique l'aspect soyeux des tapis confectionnés.
Ils se distinguent par des couleurs vives et des motifs en losanges.




Poterie berbere

Poterie berbere

La poterie berbère est généralement blanche et cuite dans des fours traditionnels Elle est décorée par des incisions et des estampilles et peut être peinte en rouge ou en noir.
Une poterie très particulière est produite à Tamgrout, elle présente une peinture verte et ses motifs rappellent ceux faits au henné sur les mains des femmes.




Poudre de henne

Poudre de henne

Le henné fait partie des traditions marocaines. Il symbolise à la fois la beauté et le patrimoine ancestral. Il est également associé au mariage et une nuit lui est consacrée avant la cérémonie. Les Musulmans en ont fait un arbre du paradis. Ils récoltent les feuilles sans les couper et les font séchées avant de les réduire en poudre.
Si le henné rehausse la beauté des femmes, il a surtout un rôle protecteur, sorte de magie noire. Chaque dessin fait au henné sur la peau est symbolique. Ainsi, le cercle est symbole de l'absolu, la spirale de l'harmonie, le point du foyer, etc….
Il a également des vertus thérapeutiques et protègent cheveux et peau contre les agressions climatiques.




Dattes du Maroc

Dattes du Maroc

Autour de Ouarzazate, de grandes palmeraies sont cultivées pour leurs dattes, vendues sur les souks et à l'exportation en général séchées en raison de leur fragilité dès qu'elles arrivent à maturité.
Elles sont récoltées en régime pouvant contenir jusqu'à une centaine de rameaux et plusieurs centaines de fruits riches en vitamines B et C et en sucres.
La variété que nous rencontrons généralement sur les marchés européens en provenance du Maghreb est la « deglet nour ».