Bien que l'origine du compagnonnage reste obscure, il semblerait qu'il naquit vers le 12eme siecle en meme temps que les plus grandes cathedrales.
Un artisan etait admis comme compagnon apres cinq ans d'apprentissage et avoir demontre sa valeur en creant un chef d'œuvre.
Les compagnons se regroupaient par corps de metier afin de se porter mutuellement secours et pour etre assure de trouver de l'ouvrage.
Si les guildes et les corporations etaient admises par l'Eglise et l'Etat, il n'en etait pas de meme du compagnonnage. Des decrets interdisent les confreries clandestines promettant de se porter assistance.
C'est ainsi qu'une entraide ouvriere clandestine se developpe. Chaque groupe signe en gravant sur leurs œuvres des signes de reconnaissance.
Vers la fin du Moyen Age, les corporations sont devenues puissantes et fort hierarchisees, se composant de maitres, d'apprentis appeles a devenir des maitres et enfin de valets. Ceux-ci seront rebaptises Compagnons au cours du 15eme siecle.
A cette epoque, les ouvriers voyageaient de ville en ville pour trouver du travail et pour se perfectionner. C'est pourquoi chaque ville importante possedait des lieux associatifs où chacun etait assure d'etre chaleureusement accueilli. Ils recevaient le pain, le logement et eventuellement des soins. Les associations portent dorenavant differents noms : Les Compagnons du Devoir, Les Garcons du Devoir, ….
Les rites entourant le compagnonnage va a nouveau deplaire aux autorites et ils doivent retourner dans la clandestinite. Les ouvriers ne peuvent plus se reunir car leur force menace la toute puissance des patrons.
La clandestinite n'empeche pas aux mouvements de grandir et chaque jour des nouvelles recrues rejoignent les Compagnons. De veritables societes secretes prennent naissance et les proces a leur encontre se multiplient. Devant cette situation, une structure ouvriere legale est creee e le compagnonnage est organise vers la fin du 17eme siecle.
Chaque « devoir » a ses propres regles a observer au niveau initiatique et professionnel, voire spirituel. Leur but est de transmettre le savoir faire, l'amour du travail et le respect des outils et des materiaux.
Au debut du 20eme siecle, quelques mouvements survivent, ils regroupent l'elite des artisans qui ont a cœur d'accomplir le Tour de France pour apprendre et perfectionner leur metier.
Nantes etait consideree comme une des villes principales du compagnonnage. Elle etait une ville de Devoir, appelee aussi ville de boite. Dans ces villes, les compagnons pouvaient trouver la « Mere », terme designant a la fois l'auberge compagnonnique et son hotesse, generalement une epouse de Compagnon.
Dans la ville, deux musees sont consacres a l'histoire du Compagnonnage.