Guide Touristique : Marseille

Marseille

Je suis en train de peindre avec l'entrain d'un Marseillais mangeant la bouillabaisse, ce qui ne t'étonnera pas lorsqu'il s'agit de peindre de grands tournesols. (Vincent Van Gogh)

Histoire de la ville de Marseille :

Des traces d'habitat préhistorique sont attestées dans une grotte, aujourd'hui inondée, de la région de Marseille. Elles ont été datées entre 27 000 et 19 000 ans avant notre ère.

Vers 600 avant JC, des Phocéens en provenance de l'Asie Mineure débarquent sur le rivage de Marseille et fondent la ville de Massilia. Elle est donc la plus ancienne ville de France.
Au 1er siècle avant JC, Massilia est prise par les troupes de Jules César lors de la guerre civile qui l'oppose à Pompée.
La population grecque est massacrée et la ville est en grande partie détruite.
Lors de sa reconstruction, le Port est aménagé. Il était à cette époque situé légèrement au nord-est du port actuel. C'est ainsi que Massilia devient une importante ville commerçante, plaque tournante des produits entre l'Europe et l'Orient.

Au début du 4ème siècle, les Chrétiens marseillais sont pourchassés et persécutés. A partir de 313, date de l'entrée en vigueur de l'Edit de Milan, les Chrétiens peuvent circuler librement et Massilia devient un évêché. La première cathédrale est construite durant le 5ème siècle.

L'histoire de Massilia est parsemée d'heures sombres, guerres et épidémies s'y succèdent.
Après l'invasion des Ostrogoths, des Francs et trois épidémies de peste dès le début du Moyen-Age, Massilia sera à trois reprises victime de raids sarrasins et vikings. Elle en sort à chaque fois appauvrie et sa population a chuté lourdement.

Il faut attendre le 10ème siècle pour que la situation s'améliore, lorsque la ville est rattachée au Royaume de Bourgogne-Provence relevant de l'Empire Romain Germanique.
Massilia devient alors à la fois un haut lieu de culte autour de son abbaye Saint Victor et un important centre de commerce. Son économie se redresse et la population augmente régulièrement. Le pouvir est entre les mains de la bourgeoisie marchande.

Malheureusement, une nouvelle épidémie de peste débute en 1347, elle va déferler sur tout le pays et tuer près d'un tiers des habitants.

En 1482, le dernier comte de Provence, le roi René décède sans descendance. Il lègue ses terres au roi de France. La ville devenue française retrouve une économie stable. C'est à cette époque qu'elle est rebaptisée, Marseille. En 1516, François 1er en visite dans la ville, ordonne l'agrandissement du port et la construction d'un fort sur l'île d'If. D'autres forts seront construits à la fois pour protéger le port et pour surveiller les Marseillais fort peu royalistes.

En 1720, Marseille est à nouveau terrassée par la peste. La population tombe de 90 000 à 60 000 habitants. Elle trouvera le courage de se relever une fois de plus et acquiert la réputation d'un port international. Le commerce est à son apogée et Marseille devient la 3ème ville française. Cette ouverture vers l'extérieur incite les autorités à embellir et moderniser leur ville. Les industries prolifèrent, des promenades luxueuses sont créées. La noblesse et la bourgeoisie viennent séjourner dans la ville.
De nouveaux quartiers sont créés et il faut un service de transport en commun pour pallier à leur éloignement mais également pour désengorger le centre ville.
En 1890, le ferry boat immortalisé dans les pièces de Marcel Pagnol permet dorénavant de traverser le Vieux Port de part en part.

En 1900, la population atteint le demi-million et les immigrants affluent en provenance de l'Italie, l'Afrique du Nord, l'Arménie, …

La seconde guerre mondiale touche la ville. Des quartiers entiers sont détruits. La perte des colonies et par conséquent d'une partie des échanges commerciaux provoque la montée du chômage. Marseille a alors une réputation de ville sale et peu sûre.
Le pétrole va permettre à Marseille de rééquilibrer son économie. Depuis quelques décennies, les autorités sont parvenues à revaloriser la ville et à l'imposer à nouveau comme grand carrefour européen.



Visiter Marseille

Marseille s'étend sur 240 kilomètres² entre la mer et les montagnes.
De par sa superficie, la concentration urbaine est nettement inférieure à celle des autres grandes villes françaises. Cependant sa configuration ne permet pas la construction d'un périphérique et trois autoroutes déversent son flot de véhicules en plein centre ville. Les ruelles étroites du Vieux Port, un urbanisme un peu chaotique d'une ville qui s'est agrandie au cours des siècles.. tous ces facteurs font que les embarras de circulation sont nombreux à Marseille. C'est pourquoi la ville a très vite du posséder un important service de transport en commun. Pour vos visites, nous vous conseillons vivement de l'emprunter !

Dès son origine, Marseille est devenu un grand carrefour international. On rencontre dans ses rues un incroyable mélange de populations.
La cohabitation entre les différentes ethnies et les différentes religions ne se fait pas toujours sans heurt mais depuis quelques années des programmes favorisant les échanges entre les différentes communautés ont été mis sur pied.

L'urbanisme a également bénéficié d'un renouveau salutaire. Autrefois jouissant d'une mauvaise réputation, Marseille est fière de présenter un nouveau visage. Une nouvelle infrastructure hôtelière, des événements culturels de qualité redorent le blason d'une ville qui est redevenue une destination à la mode.

On peut dorénavant en toute sécurité visiter la Basilique Notre-Dame de la Garde, le Vieux Port, la Canebière et qui sait… croiser Fanny partie attendre le retour de Marius…


Bonne visite...



Notre Dame de la Garde

Notre Dame de la Garde

La Basilique Notre Dame de la Garde domine la ville de Marseille. Elle prend place sur une colline peut être ancien lieu de culte antique et certainement lieu de surveillance de l'entrée du port comme son nom – La Garde – l'indique. En 1214, un Marseillais, Maître Pierre, est autorisé par l'abbaye Saint Victor à y ériger une chapelle dédiée à la Vierge. En 1524, François 1er fait bâtir un fort sur la colline, englobant ainsi la chapelle. Les Marseillais obtiennent malgré tout la permission d'y accéder librement en temps de paix. Au début du 19ème siècle, un capitaine à la retraite, Escaramagne, s'installe sur le versant nord de la colline de la Garde et tente se de faire rouvrir la chapelle. En 1807, le culte y est à nouveau célébré. Les catholiques demandent alors son agrandissement car l'édifice est toujours entouré des fortifications. Eglise et armée vont s'affronter car celle-ci estime que la colline a toujours un intérêt stratégique important. Finalement les murailles jugées démodées seront démolies et on peut admirer la basilique qui entre-temps a remplacé la chapelle en 1870 selon les plans d'Espérandieu, architecte protestant !. Celle que les Marseillais appellent la « Bonne Mère », présente une étonnante architecture romano-byzantine témoignant des différentes influences ethniques de la ville. Voûtes romaines, coupoles et polychromie byzantines, alternance de pierres sombres et claires en façades forment un curieux mélange. Le tout est rehaussé par la statue monumentale en cuivre galvanique de la Vierge, haute de plus de 11 mètres. En 1892, on pouvait accéder au pied de l'édifice en empruntant un ascenseur hydraulique à pompe à vapeur. La machinerie faisait un bruit incroyable audible dans toute la ville. Ses bruits étaient accompagnés des cris des goélands et des hurlements de peur des passagers ! Cependant, pendant ses 75 ans d'activité, l'ascenseur ne connut aucun incident et transporta plusieurs centaines de milliers de visiteurs. Malheureusement malgré son succès auprès des touristes, il n'était pas rentable et en 1967, il fut démoli. Avec lui disparut un témoin capital de la technologie du 19ème siècle. L'intérieur de Notre-dame de la garde nous offre également des belles surprises. On peut y admirer les mosaïques du pavement, un très beau décor polychrome, une riche statuaire mais surtout les ex-votos offerts à la Bonne Mère en remerciement pour avoir protégé un frère, un fils, un époux. Parfois simple plaque, parfois splendide maquette, ces témoignages de la dévotion des Marseillais sont toujours touchants.




Château d'If

Château d'If

A quatre kilomètres au large du port de Marseille, quatre îles composent l'Archipel du Frioul appartenant à un des quartiers de la ville.
Outre leur intérêt pour leur patrimoine naturel, elles sont connues pour abriter le château d'If.

Au début du 16ème siècle, le roi Manuel 1er du Portugal envoie un rhinocéros en cadeau au pape Léon X. le bateau transportant l'animal fait escale à l'île d'If. Aussitôt la population vient l'admirer. Le bateau fera peu après naufrage et le pape reçut son rhinocéros… empaillé !

Cependant François 1er qui était parmi les curieux sur l'île d'If décide d'y faire construire un château afin d'y loger une garnison chargée de la protection de la côte de Provence. Le chantier débute en 1529 et deux ans plus tard le château d'If est en activité.

De 1540 à 1914, il va servir de prison. A l'origine il sert à enfermer la « racaille de Marseille » et les fortes têtes qui n'ont dès lors plus aucun espoir d'en sortir.

La prison comprend des cellules au rez-de-chaussée. Les conditions d'emprisonnement sont telles que l'espérance de vie ne dépasse pas neuf mois.
Cependant moyennant finance, les prisonniers plus riches peuvent occuper une cellule du premier étage, plus vaste, mieux éclairée et aérée et chauffée. Ces cellules sont surnommées « chambres passables » ou « pistoles ».

Si le château d'If est célèbre pour avoir abrité des prisonniers célèbres comme Mirabeau ou Jean-Baptiste Chataud, il est principalement connu pour avoir servi de décor au roman d'Alexandre Dumas, Le Comte de Monte Cristo.




La peste

La peste

En raison de sa situation portuaire, Marseille connut de nombreuses épidémies de peste durant son histoire mais la plus marquante fut la dernière, celle de 1720.

Le 25 mai de cette année, le « Grand St Antoine » commandé par le capitaine Jean Baptiste Chataud accoste dans le port de Marseille pour décharger son chargement d'étoffes en provenance de Syrie.
A son bord plusieurs hommes sont décédés. Nul doute qu'ils sont morts de la peste après avoir été piqués par des puces se trouvant dans les tissus.
Selon la procédure établie, le bateau aurait du être mis en quarantaine et sa cargaison aurait du rester à bord. Cependant ses propriétaires jouent de leur influence pour que la quarantaine soit allégée et que les marins puissent être simplement placés au lazaret, servant de dispensaire. Ils ne veulent pas perdre de bénéfice et veulent écouler les marchandises à la foire de Beaucaire.
Certains marins parviennent à écouler des tissus de contrebande infestés également de puces et d'autres font porter leur linge aux lavandières.

Le 20 juin, Marie Duflan, une lavandière meurt. Elle présente les symptômes de la peste bubonique mais les médecins ne les reconnaissent pas. Dans la semaine qui suite plusieurs de ses voisins décèdent de la même manière.
Il faut attendre le 9 juillet pour qu'enfin deux médecins diagnostiquent le fléau. Ils avertissent aussitôt les autorités mais celles-ci minimisent l'importance de l'épidémie, craignant de ralentir le trafic portuaire.

L'épidémie va dès lors gonfler à toute allure. Au mois d'août on compte plusieurs centaines de morts par jour. Finalement en septembre, la ville est bouclée mais le mal est fait et des malades meurent de la peste dans tout le Languedoc et la Provence. Dans le Vaucluse, un mur est construit pour juguler l'épidémie.

Fin octobre, le taux de mortalité baisse enfin mais Marseille a été décimée. 40 000 victimes auxquelles il faut ajouter près de 100 000 morts hors de la ville ont payé pour la négligence et la cupidité de quelques riches marchands.




La Canebière

La Canebière

La plus célèbre artère de Marseille est sans aucun doute la Canebière.
A cet emplacement, des champs de chanvre fournissaient la matière première nécessaire à la fabrication des voiles et des cordages.
C'est cette activité qui donna naissance au nom de « cannebière » qui devient en 1928 la Canebière.

En 1666, la première maison est construite et la ville décide d'aménager tout le quartier en traçant des allées bordées d'arbres. Fin du 18ème siècle, la canebière est prolongée jusqu'au port. En 1857 elle est élargie. Les maisons sont démolies et reconstruites le long de l'avenue qui atteint alors les trente mètres de large.

Depuis 1928, la Canebière présente son tracé définitif, reliant le Vieux Port à l'église des réformés.

Sous la troisième République, elle connaît un extraordinaire succès mondain grâce à ses nombreux cafés, hôtels et magasins luxueux.
Elle devient le symbole de la ville et les immeubles la bordant sont classés monuments historiques.




Savon de Marseille

Savon de Marseille

Ce sont les Croisés qui ramenèrent en Europe les secrets de fabrication millénaires du savon d'Alep en Syrie. Ce savon fabriqué à base d'huile d'olives et de laurier transite par l'Italie et l'Espagne avant d'aboutir à Marseille. Au 12ème siècle, la première manufacture est ouverte et au 14ème siècle, Crescas Davin devient le premier savonnier officiel de Marseille.

Au 17ème siècle, 20 000 tonnes de savon sont produites annuellement.
L'état français en règlement la production en 1688 afin de préserver l'appelation.
Le savon de Marseille garde toujours sa renommée malgré la mise sur le marché de produits moins chers.
Il est principalement utilisé pour l'hygiène corporelle en cas d'allergie mais également comme nettoyant ménager ou produit lessiviel.




Santons

Santons

En Provence, la période de Noël est particulièrement fêtée et les traditions se transmettent depuis des générations. Ainsi, chaque année depuis 1803, la foire aux santons est ouverte à Marseille le dernier dimanche de novembre.
La première foire se tint sur el cours Saint Louis. Elle déménagea plusieurs fois jusqu'à être définitivement fixée en haut de la Canebière depuis 1883. elle est le rendez vous de tous les santonniers de la région et du public à la recherche de la figurine manquant à leur crèche.




Navettes

Navettes

Les navettes sont des biscuits en forme de bateaux, cuits uniquement dans la plus ancienne boulangerie de Marseille, le Four des Navettes.
La légende raconte qu'elles font allusion au bateau qui s'échoua sur les bords de la rivière à Marseille, le Lacydon. Cette embarcation transportait une statue de la Vierge.

Depuis 200 ans, la pâte des navettes dont la composition est gardée secrète est préparée dans un pétrin à ailettes et cuite dans le four datant de 1781.




Marius, Fanny et César

Marius, Fanny et César

La célèbre trilogie marseillaise écrite par Marcel Pagnol a contribué à rendre la ville célèbre.
Marcel Pagnol écrit Marius en 1928 et la pièce est adaptée l'année suivante au Théâtre de Paris. Devant son succès, une adaptation au cinéma est tournée en 1931. Tous les extérieurs sont tournés à Marseille.
La suite, Fanny est tournée l'année suivante.
Une admiratrice de Pagnol lui ayant dit qu'il est dommage qu'une si belle histoire s'arrête ainsi, il décide d'écrire le troisième volet, César dont l'action se situe 20 ans après les deux premiers.