Guide Touristique : Machu Picchu

Machu Picchu

Depuis le commencement, dans le courant tumultueux du fleuve du temps des dieux belliqueux se disputaient le ciel.
A l'ombre du Machu Picchu, la seconde vie - Laurent Rainaud

La légende raconte que Cusi Yupanqui, fils de l'Inca Viracocha était un jeune homme si fougueux que son père pensant qu'un empereur se doit d'être pondéré refusa de lui laisser un jour le trône. Il l'envoya donc en exil comme berger dans les environs de Cuzco.
Lorsque Cusi Yupanqui apprit que leurs ennemis les Chancas s'apprêtaient à s'infiltrer dans la capitale, il revint prévenir son père qui ne le crut pas et le renvoya. Mais bientôt Cuzco est attaquée et Viracocha doit s'enfuir. Son fils devint le héros des Incas en parvenant à vaincre les Chancas.
Après cette victoire, il devint en 1438 l'Inca sous le nom de Pachacutec. Il va étendre son empire Tahuantinsuyu bien au-delà de la vallée de Cuzco. C'est pour lui que plus que probablement fut fondé le site de Machu Picchu sur des anciennes ruines pré-incas.
Machu Picchu, signifiant vieille montagne est située à 80 kms de Cuzco sur le flanc oriental de la cordillère.
Machu Picchu ne fut probablement jamais un village ou une ville mais plutôt un centre politique et religieux, résidence de l'Inca et de sa cour ainsi que des serviteurs permettant de fabriquer et cultiver de quoi les faire vivre. Il devait également y avoir un monastère de femmes, les célèbres " Vierges du soleil ".
Sa situation isolée à 2350 mètres d'altitude, la végétation luxuriante et les falaises l'entourant expliquent le fait que les Espagnols ne la découvrirent jamais lors de leurs conquêtes. La population inca elle-même ne connaissait probablement pas comment y accéder.
Après trois générations d'Incas, la cité fut soudainement abandonnée pour des raisons qui restent toujours aussi mystérieuses. Elle tomba dans l'oubli total jusqu'à l'aube du 20ème siècle... et est à présent un des sites touristiques les plus visités de la planète.



Visite Macchu Picchu

Pour arriver jusqu'au site de Machu Picchu, il faut d'abord atteindre la ville de Cuzco, ensuite vous aurez le choix entre prendre l'autocar qui vous amènera au pied du site ou partir en " trekking ". La manière la plus spectaculaire de découvrir la citadelle est d'emprunter un des circuits pédestres proposés par les agences de voyage.
Mais quel que soit le moyen que vous choisirez, le plus important est de respecter le site. Trop de touristes laissent des " souvenirs " de leur passage et pire encore emportent des morceaux de pierre en souvenir.
Depuis 1981, le site de Machu Picchu a été assimilé à une réserve naturelle et en 1983, l'UNESCO l'inscrivit sur la liste du patrimonial mondial. Le gouvernement essaie, sans trop de succès à l'heure actuelle, d'endiguer le flot incessant de touristes qui met en danger non seulement les ruines archéologiques mais également la faune et la flore, en particulier les merveilleuses orchidées de la région.
La cité de Machu Picchu a été construite en fonction du terrain accidenté de la région. Elle présente donc de nombreuses terrasses autant pour les champs que pour les maisons.
Toute la citadelle s'articule en différents quartiers organisés autour d'une place. On distingue le quartier composé des résidences de la famille impériale et de la noblesse ainsi que de différents temples et le quartier réservé aux artisans et aux paysans chargés d'approvisionner les notables. En se promenant dans les rues de Machu Picchu, en escaladant les nombreux escaliers, en admirant le système d'arrivée d'eaux ou l'horloge solaire, vous serez imprégnés par le caractère sacré de la citadelle et par le mystère entourant son abandon.
Il est recommandé de visiter Machu Picchu en mai ou en juin durant la période sèche. Même durant ces mois le taux d'humidité est de 75% et les pluies fréquentes.
En journée, la température oscille entre 20 et 25° mais les nuits sont froides et le thermomètre indique régulièrement le 0.
Ce climat favorise évidemment la prolifération d'insectes, principalement les moustiques.
Enfin il faut également tenir compte du mal de l'altitude puisqu'il faut dépasser les 2000 mètres pour se rendre à Machu Picchu. Les malaises engendrés par l'altitude disparaissent en général au bout de deux ou trois jours. Il vaut donc mieux prendre des précautions avant de s'attaquer à la citadelle de l'Inca et préparer soigneusement son voyage.
Bonne visite...


Bonne visite...



L'architecture du Machu Picchu

L'architecture du Machu Picchu

L'ensemble du site de Machu Picchu se divise en plusieurs quartiers bien définis autour d'une esplanade qui servit à la vie publique.
On compte plus ou moins deux cents habitations et la plupart d'entre elles ne disposaient que d'une seule pièce. Tous les bâtiments étaient construits d'après le style architectonique inca classique. Les murs en sillas (pierre volcanique) taillées et rejointoyées sont légèrement évasés de sorte que la base de la maison est plus large que le haut. Toutes les embrasures des portes et des fenêtres étaient de forme trapézoïdale. Les toits, aujourd'hui disparus étaient probablement faits de troncs d'arbres recouverts de paille.
On distingue deux sorte d'habitations, celles des notables dont les pierres des murs sont si parfaitement taillées qu'aucun interstice n'est visible entre elles et celles des artisans et paysans dont les pierres sont plus grossièrement taillées et rejointoyées entre elles avec de l'adobe.
L'ensemble du site a du être soigneusement étudié avant sa construction. En effet il épouse parfaitement la forme des montagnes et rien ne semble avoir été laissé au hasard.
Ainsi le système hydraulique alimentant la ville est ingénieux. Les Incas se sont servis d'une source située sur une colline au Nord de Machu Picchu. Ils ont construit un collecteur d'eau sur le versant de la montagne et un mur de plus de 15 mètres de long pour augmenter le volume de cette source. Ils construisirent ensuite un canal pour amener l'eau dans les 16 sources percées dans ce qui fut appelé l'escalier des sources de la ville.
De nombreux étangs et sources d'eau appelés pacchas ont été taillés à même la pierre dans les rues.
Le quartier agricole de Machu Picchu se caractérise par ses terrasses creuses dans la roche qui ont permis de cultiver la terre dans les meilleures conditions possibles compte tenu de la localisation de la cité.
Tout porte à croire que Machu Picchu fut donc un important centre politique et religieux ainsi que la résidence de l'Inca. Les chemins qui menaient à la forteresse étaient probablement interdits même au peuple inca et il n'existait à l'époque qu'une seule porte pour accéder à l'intérieur de Machu Picchu.




La religion

La religion

Toute la vallée de l'Urubamba était considérée comme sacrée et Machu Picchu était un important sanctuaire, un lieu de pèlerinage qu'on ne pouvait atteindre qu'en empruntant le chemin de l'Inca. L'ensemble du site était consacré principalement au dieu principal du panthéon inca, le dieu soleil. Ainsi toutes les fenêtres des maisons sont orientées par rapport à sa course dans le ciel et plusieurs temples lui sont consacrés.
Ainsi le jour de l'Inti Raymi, le 24 juin, correspondant pour les Incas au premier jour de la nouvelle année, un triangle et deux cercles concentriques apparaissent sur la table de l'Intihuatana, l'horloge solaire située sur la gauche du temple principale.
Intihuatana signifie " l'endroit ou l'on attache le soleil ". Sur ce bâtiment, les prêtres observaient les mouvements des étoiles et du soleil afin de déterminer les heures et les mois et ainsi diviser le temps. Ils utilisaient pour cela une sorte de table polie d'ou se détachait un éperon servant de mire.
Enfin, il est pratiquement certains qu'il existait à Machu Picchu un sanctuaire réservé aux femmes, appelées les " Vierges du soleil ". Ce genre de bâtiment se nommait Aqllawasi ou Acclahuasi. Le fait que sur les 173 squelettes retrouvés à Machu Picchu, 160 appartenaient au sexe féminin, confirme cette théorie mais n'explique pas les raisons de l'abandon du site.




Hiram Bingham

Hiram Bingham

La découverte du site de Machu Picchu est attribuée à l'explorateur américain Hiram Bingham. A la recherche du dernier refuge de l'Inca, Viticos, il entendit parler de ruines dans les montagnes aux alentours de Cuzco. Il parvint à se faire conduire jusqu'au site ou vivaient quelques fermiers isolés.
C'est le 24 juillet 1911 que Bingham entre dans Machu Picchu qui allait lui amener gloire et fortune. Cependant il est certain que quelques années auparavant, Enrique Palma, Gabino Sanchez et Augustin Lizairaga arrivèrent les premiers sur les lieux alors qu'ils étaient tombés depuis plus de quatre siècles dans l'oubli. Leurs signatures gravées dans une pierre et portant la date du 14 juillet 1901 en sont la preuve.
Bingham n'aurait donc que " redécouvert " le site et, ayant compris toute l'importance de celui-ci a largement diffusé l'événement.
L'université de Yale organise des expéditions à partir de 1912. Hiram Bingham obtient du gouvernement péruvien le droit de sortir tous les objets trouvés sur les chantiers pour les envoyer au Musée Peabody de Yale. Il est extrêmement regrettable que le patrimoine culturel du Pérou prit ainsi le chemin des Etats-Unis. Bingham soutint n'avoir jamais trouvé d'objets en métal précieux et seuls quelques poteries, vêtements et objets divers ont officiellement pris le chemin du musée. Aucun contrôle, aucun inventaire ne furent faits et pourtant bon nombre de témoignages font état de centaines de caisses expédiées du Pérou vers les Etats-Unis. Il est fort possible que Machu Picchu a été consciencieusement pillée par Bingham et que des trésors entiers se trouvent cachés à l'heure actuelle dans des collections privées voire dans des caves de musée américains.
Bingham est probablement un des plus grands pirates culturels qui tira un profit personnel de la naïveté d'un gouvernement.




Le Tahuantinsuyo du machu picchu

Le Tahuantinsuyo du machu picchu

Le Tahuantinsuyo a été le plus grand empire du continent américain. Cuzco en était la capitale. Il fut fondé vers 1200 et regroupait quatre nations (Tawa = quatre et Suyo = état).
La superficie totale du territoire était de 3 000 000 kms² et il possédait plus de 5 000 kms de côtes. Les terres appartenaient au Soleil, à l'Inca et à l'Etat.
Chaque enfant inca qui naissait recevait une parcelle de terrain fertile dont il devenait propriétaire à vie. Ce terrain ne pouvait ni être vendu ni donné en héritage et lorsque son propriétaire mourrait, il était donné à un nouveau-né.
La société inca était très hiérarchisée. L'Inca était à sa tête et avait le pouvoir absolu. Sous l'Inca, se trouvaient les nobles reconnaissables à leurs lobes d'oreilles déformées par le port de lourdes boucles d'oreilles. Ensuite venait le peuple, artisans et paysans et enfin les servants de maisons.
La langue officielle de l'empire était le quechua et toute l'organisation sociale était basée sur trois principes : ne sois pas un voleur, ne sois pas un menteur, ne sois pas un paresseux.
Malgré ce modèle impérialiste, le peuple inca ne souffrit jamais ni de la faim ni de privations.
Le Tahuantinsuyo fut un empire qui peut servir de modèle, présentant une structure sociale et politique à la fois stricte et généreuse pour le peuple. De plus les activités artistiques et scientifiques furent grandement encouragées et contribuèrent à la découverte de connaissances majeures notamment dans le domaine de l'astrologie.




Antara

Antara

La musique inca était probablement essentiellement monodique. La polyphonie était absente en raison du manque d'instruments perfectionnés et d'accompagnement. Les Incas ne connaissaient, avant la conquête espagnole que les quelques instruments rudimentaires communs à tous les peuples primitifs : flûte verticale (Kena), flûte de Pan (Antara), ocarina et tambours.
Nous ne savons pas quels airs étaient joués mais les représentations de musiciens sur des poteries et fresques ainsi que des témoignages des espagnols nous confirment que la musique jouait un rôle important dans la vie religieuse et donc dans toutes les cérémonies incas. Les instruments étaient souvent richement décorés. Seules les femmes pouvaient jouer du tambour alors que les flûtes étaient réservées aux hommes.




Poncho

Poncho

Chaque inca recevait de l'Etat ses vêtements. L'habillement était strictement utilitaire et ne laissait aucune place à la diversité ou à la coquetterie. Il ne servait qu'à se protéger du froid et du reste, les bras et les jambes restaient nus. L'homme portait un pagne retenu à la taille par une bande de laine et une tunique sans manche, ancêtre du poncho, appelé uncu. E n cas de frois l'ensemble était complété par une cape jetée sur les épaules.
Les femmes portaient une longue tunique fendue sur les côtés et ajustée à la taille par un cordon ainsi qu'un châle de laine tissée retenu par une épingle sur la poitrine.




Inti

Inti

Inti était le nom donné au dieu soleil inca. Les Incas eux-mêmes se disaient fils du soleil et imposèrent son culte au peuple. Bien que n'étant pas la plus ancienne des divinités péruviennes, Inti devint à partir du 14ème siècle la plus importante d'entre elles tout en ne les éclipsant pas entièrement. De nombreuses représentations du dieu se retrouvent aussi bien sur les poteries que sur les pièces d'orfèvrerie, l'or convenant particulièrement bien pour une divinité solaire.
Actuellement, la fête de l'Inti Raymi, la plus grande cérémonie inca, se déroule encore chaque année principalement à Cuzco. Bien entendu, elle est toujours un symbole pour les descendants des Incas mais elle sert également à attirer la foule de touristes désireux de voir cette fête somptueuse.




Calendrier inca

Calendrier inca

Les civilisations qui ont précédé les Incas avaient déjà mis l'astronomie à l'honneur. Les Incas furent en quelque sorte les héritiers de leurs observations qu'ils mirent à profit et qu'ils perfectionnèrent.
Leur calendrier est une conséquence d'une observation rigoureuse des planètes et des étoiles et plus particulièrement du soleil. Il était étroitement lié aux cultes agraires. Ainsi l'année était divisée en douze mois lunaires plus une série de jours complémentaires. Chaque mois portait un nom et était associé à une fête, en général coïncidant avec la nouvelle lune. La fin de leur année semble correspondre au solstice d'hiver annonciateur de la saison des pluies.