Guide Touristique : Lyon

Lyon

Lyon est une ville arrosée par trois grands fleuves : le Rhône, la Saône et le Beaujolais.
Léon Daudet

Le site de Lyon a été occupé dès 20 000 avant JC ainsi que l'ont révélé les fouilles archéologiques entreprises dans la région.
Bien plus tard, une tribu celte y fonde un premier village appelé Condate et situé au pied de la Croix Rousse sur les bords de la Saône. Déjà vers 61 avant JC, le village est prospère, des marchands s'installent et les druides se rassemblent pour des fêtes religieuses. Un sanctuaire consacré au dieu Lug qui donnera son nom à la future ville est construit sur l'actuelle colline de Fourvière.
La position géographique du site, entouré par ses frontières naturelles, le Rhône et la Saône pousse Jules César à y établir, en 58 avant JC, un camp de base qui servira de centre de ravitaillement durant la conquête des Gaules. A sa mort, le sénat envoie son général Lucius Munatius Plancus fonder une colonie ouverte aux vétérans et aux Romains chassés de Vienne. Rapidement la colonie prend de l'extension sous le nom de Lugdunum. En 16 avant JC, Auguste en fait la capitale des Trois Gaules. La ville devient la seconde de l'Empire, les empereurs Romains y bâtissent de grands monuments et Claude, natif de Lugdunum, va donner la citoyenneté romaine à ses habitants. Ils seront les premiers Gaulois à pouvoir accéder aux fonctions publics à Rome. La ville Gallo-romaine occupe la colline de Fourvière. Elle attire les marchands étrangers et s'enrichit rapidement. Chaque année, de grandes fêtes sont données lorsque les 60 tribus gauloises viennent assurer Rome de leur fidélité.
Cet afflux de personnes venues de tout horizon, amène également une forte diversité de religions. Ainsi, à côté des dieux Romains, l'adoration à Cybèle importée par les marchands orientaux prend une grande importance. Ses adeptes ne toléreront pas la croissance du christianisme et seront à l'origine du massacre de 177.
Lorsque la guerre entre Septime-Sévère et Albin éclate, Lugdunum est saccagée et pillée, son rôle au sein de l'empire s'affaiblit au profit de Trèves et d'Arles.
Les invasions successives des Francs, des Alamans et des Burgondes terminent de ruiner la ville. La colline de Fourvière est abandonnée et les citoyens s'installent le long de la Saône. La ville passe sous autorité épiscopale et de nombreux édifices religieux sont construits.
Au 5ème siècle, les Burgondes donnent le rang de capitale à la cité mais sous la domination franque, Lyon connaît une longue période noire. Elle retrouvera un peu de sa splendeur sous Charlemagne pour ensuite repasser de mains en mains jusqu'en 1032.
A ce moment, Lyon est rattachée au Saint Empire Germanique et pendant plus de deux siècles est gouvernée par des Archevêques.
En 1269, Philippe le Bel chasse ceux-ci et rattache la ville à la France. Elle deviendra officiellement française le 10 avril 1312. Les Bourgeois obtiennent la reconnaissance de leurs libertés et le droit d'administrer leur ville.
La Guerre de Cent Ans replonge Lyon dans une période de disettes, de pillages et d'épidémies et il faut attendre la seconde moitié du 15ème siècle pour que l'économie se redresse notamment grâce à l'organisation de grandes foires annuelles autorisées par Charles VII en récompense de la fidélité de la ville à la couronne.
Les marchands de toute l'Europe et d'Orient reviennent à Lyon. De plus les industries de la soie et l'imprimerie assurent la richesse. Cette prospérité attire également de nombreux savants et artistes, Erasme, Rabelais, Leonard de Vinci, ...
La cour de Charles VII s'installe à Lyon qui devient la ville la plus peuplée et la plus riche du Royaume. Malheureusement la Guerre de Religion va mettre un terme à cet âge d'or. Le 31 août 1572, plus de 1000 protestants sont massacrés à Lyon lors des tristement célèbres " Vêpres lyonnaises ". Ces événements suivis d'une nouvelle épidémie de peste diminuent le prestige de la ville, les banquiers la désertent et seule l'industrie de la soie la sauve du marasme.
Au 18ème siècle, la ville poursuit son expansion, la population compte 120 000 habitants dont un quart travaille dans la soie. Lyon s'embellit et des services communaux sont créés : pompiers, fiacres, balayage des rues, éclairage public… Malgré tout les classes ouvrière et paysanne survivent difficilement. La Révolution ne l'épargne pas et suite aux crises économiques, les canuts, ouvriers des soieries, se soulèvent. Les tentatives de rébellion sont violemment repoussées. Les industries de produits chimiques et du secteur automobile s'installent à leur tour dans la ville.
Durant la seconde guerre mondiale, Lyon sera la capitale française de la Résistance avec à sa tête Jean Moulin. De nos jours, Lyon est au coeur d'un important réseau de voies de communication ce qui en fait une des villes commerciales et industrielles les plus importantes d'Europe.



Visiter Lyon

Selon les Lyonnais, la ville est divisée en deux parties, la colline de Fourvière ou on prie et la colline de la Croix Rousse ou on travaille.
C'est à Fourvière qu'on retrouve le plus de vestiges de l'Antiquité puisque la ville gallo-romaine y était implantée. Plus tard, lorsque pour des raisons encore incertaines, les habitants ont abandonné la colline pour s'installer sur les berges de la Saône, Fourvière devient le centre de la ville religieuse. C'est là que sera construite d'abord une église ensuite la Basilique dédiées à la Vierge Marie en remerciement d'avoir épargné la ville lors d'une guerre et d'une épidémie.
Regagnez ensuite la colline de la Croix Rousse, bâtie au 19ème siècle avec d'étranges immeubles aux hauts plafonds et aux fenêtres démesurées destinés à abriter les métiers à tisser la soie et à inonder les pièces de lumière. Dans toute la vieille ville, on peut emprunter les traboules, sortes de petits passages étroits typiquement lyonnais permettant de passer d'une rue à l'autre par les cours intérieures des maisons. Ces traboules ont été reprises lors des constructions des immeubles de la Croix Rousse car elles étaient bien pratiques pour acheminer rapidement les soieries et les protéger des intempéries.
Ne manquez surtout pas d'admirer les nombreux murs peints de la ville. Ce sont des véritables chefs d'oeuvre urbanistiques retraçant l'histoire de la ville.
Enfin vous pourrez, après vous être promené dans le parc de la Tête d'Or et avoir visité les nombreux musées de la ville, vous restaurer dans un bouchon lyonnais. Autrefois ces auberges qui servaient du vin hors des repas se reconnaissaient au bouchon de paille accroché à leurs enseignes. Aujourd'hui, les bouchons sont devenus des restaurants mais ont su garder les traditions de la convivialité et de la bonne cuisine, principalement des savoureuses charcuteries lyonnaises.
Bonne visite...


Bonne visite...



Lyon romaine

Lyon romaine

En 43 avant JC, le sénat confie la tâche au général Plancus de fonder une colonie sur le site de l'actuelle colline de Fourvière. La ville est fondée sur le plan classique des camps de légionnaires, aux deux voies principales se coupant à angle droit.
Suite à sa conquête par Jules César, la Gaule est à cette époque divisée en 4 provinces, la province sénatoriale narbonnaise et les trois provinces impériales, Lyonnaise, Aquitaine et Belgique, désignées sous le nom des " Trois Gaules " composées de 60 cités.
C'est Lyon, alors appelée Lugdunum qui en raison de sa position frontalière devient la capitale des provinces impériales.
La ville est dirigée par un gouverneur et son administration est calquée sur celle de Rome.
Les empereurs y séjournent régulièrement et Claude, enfant du pays, accorde l'éligibilité aux magistratures romaines.
Lugdunum a principalement une fonction militaire, la surveillance des Gaules et c'est pourquoi des voies de communication sont construites à partie de la ville vers la Méditerranée, l'Atlantique, la Manche et Strasbourg pour permettre une intervention rapide des légions en cas de troubles. La ville va profiter de cette infrastructure pour devenir une importante cité commerciale, les produits étrangers transitent dans ses entrepôts et les marchands enrichis construisent de somptueuses demeures, notamment sur l'île des Canabae.
Des grands travaux sont entrepris : quatre aqueducs acheminent l'eau depuis le Massif Central, le premier théâtre de Gaule, un odéon, un amphithéâtre,...




La religion a Lyon

La religion a Lyon

Lugdunum, devenue cosmopolite accueille de plus en plus de religions. Les Gaulois continuent à adorer certains de leurs dieux tout en acceptant les divinités romaines et le culte de l'empereur qui leur sont imposés ; les Orientaux amènent leurs propres cultes, principalement celui de Cybèle et enfin le Christianisme venu également d'Orient et qui prend de l'extension. Ces divergences aboutiront au martyr et au massacre systématique des Chrétiens, organisés par les adorateurs de Cybèle et soutenus par Marc Aurèle. C'est en 177 que les premières mesures sont prises contre les Chrétiens qui ne peuvent plus fréquenter les endroits publics.
Ensuite arrestations et sommations d'abjurer leur foi deviennent monnaie courante. En cas de refus, les Chrétiens subissent procès, tortures et emprisonnement. Les quelques survivants de ces pratiques sont jetés aux bêtes dans les arènes, leurs corps sont exposés et ensuite brûlés Malgré tout, les Chrétiens ne sont pas exterminées et se relèveront pour finir par s'imposer.
Lyon deviendra un important fief archiépiscopal et de nombreux édifices religieux sont bâtis.
En 1643, lors de la grande peste, les femmes lyonnaises prient la Vierge Marie de les épargner. Le miracle eut lieu et une église est construite en remerciement sur le sommet de la colline de Fourvière. Deux siècles plus tard, en 1872, une basilique néo-byzantine remplacera l'église, cette fois parce que les troupes prussiennes ont épargné la ville.
Depuis cette époque, chaque 8 décembre les Lyonnais allument des petits lampions à leur fenêtre commémorant l'inauguration de la statue de la Vierge de Fourvière.




Commerces et industries de Lyon

Commerces et industries de Lyon

C'est une princesse chinoise Si Ling Chi qui, vers 2700 avant JC (2400 selon d'autres sources), découvrit par hasard qu'on peut dévider le fil des cocons des vers du mûrier.
Les Chinois passent rapidement maîtres dans le travail de la soie qu'ils exportent par la fameuse " Route de la soie " reliant la Chine à l'Occident.
Au 14ème siècle, Lyon est une ville commerciale réputée pour ses textiles, notamment les soies italiennes. En 1466, Louis XI décrète que les soieries seront désormais fabriquées sur place sans droits ni taxes mais cette décision rencontre l'opposition de la population. La fabrication est transférée à Tours.
Ce n'est qu'en 1535, que la soierie revient à Lyon et que François Ier permet aux ouvriers étrangers de venir habiter Lyon pour travailler ces étoffes. La ville devient capitale européenne de la soir et acquiert son propre style aux compositions colorées. Les inventions de Vaucanson en 1744 et de Jacquard au 19ème siècle révolutionnent le monde du textile qui passe à l'ère industrielle. Un nouveau quartier est créé à Lyon, la Croix Rousse qui accueille les soieries. Les immeubles sont construits en fonction de ces activités, avec de hautes fenêtres laissant rentrer la lumière nécessaire aux tissages.
Les ouvriers de la soie, appelés " canuts " sont des milliers à travailler dans des conditions difficiles. Ils vont se révolter à plusieurs reprises mais seront à chaque fois réprimés violemment, les autorités n'hésitant pas à faire intervenir l'armée.
De nos jours, la soie ne représente plus qu'un pourcent de la fabrication textile lyonnaise. Cependant une trentaine de soyeux continuent à la produire et malgré l'apparition des fibres synthétiques et de la main d'oeuvre asiatique, ils ont su préserver la réputation et le savoir-faire lyonnais.




Le Parc de la tete d'or

Le Parc de la tete d'or

Le Parc de la Tête d'or se situe sur les rives du Rhône et est, avec ses 105 hectares un des plus grands parcs urbains de France. On y accède par sept portes munies de somptueuses grilles.
Son nom tire son origine d'une légende racontant que sur cet emplacement fut découvert un trésor dont une tête de Christ en or.
C'est en 1856 que la municipalité de Lyon achète les terrains appartenant aux Hospices de la ville. Le but est d'offrir la campagne à ceux qui n'en ont pas. Les travaux sont confiés aux frères Bühler, paysagistes suisses de renom. Ils créent un lac artificiel autour duquel s'articulent allées, parterres, serres et bâtiments. En 1861, le parc s'agrémente d'espaces consacrés aux animaux de ferme et par la suite d'animaux exotiques.
Actuellement vous pouvez toujours vous y promener, visiter le zoo, les quatre roseraies, le jardin botanique d huit hectares dont 6500 m² de serres... le tout gratuitement.




La Rosette de Lyon

La Rosette de Lyon

La ville de Lyon est renommée pour ses charcuteries et en particulier les saucissons.
Ceux-ci sont fabriqués à base de viandes de porc, morceaux nobles triés et préparés très soigneusement. Ils sont ensuite "embossés " dans un boyau spécial et mis en filet. Ils devront séchés pendant deux à trois mois avant d'être mis sur le commerce. Les plus connus d'entre eux sont la rosette et le jésus.




Guignol

Guignol

Vers le début du 19ème siècle, l'industrie connaît en France, une grave crise économique. A Lyon, beaucoup de métiers à tisser la soie doivent s'arrêter et les ouvriers se retrouvent sans travail. Laurent Mourguet, un canut, exerce de nombreux petits métiers pour survivre. Il devient arracheur de dents et camelots. Pour attirer ses clients, il utilise des marionnettes. C'est de là que lui vient l'idée de créer une marionnette à l'image d'un canut. Guignol joue pour la première fois en public en octobre 1808, dans un café de Lyon.
A l'heure actuelle, Guignol et son compagnon Gnafron restent des symboles de la ville de Lyon.




Navette soie

Navette soie

Joseph Marie Jacquard est né à Lyon en 1752. Son père tient une fabrique familiale de soierie. Enfant, Joseph doit se glisser sous le métier pour guider le passage de la navette entre les fils de la trame afin de dessiner le motif.
Il met au point, en 1801, le Métier Jacquard. Dans la continuité des travaux de Vaucanson, il avait équipé celui-ci d'un mécanisme sélectionnant les fils de chaîne à l'aide d'un programme inscrit sur des cartes perforées. Il devenait ainsi possible pour un seul ouvrier de manipuler le métier à tisser, au lieu de plusieurs auparavant.
La mise en oeuvre de son invention, notamment dans le tissage de la soie à Lyon au début du XIXe siècle, constitua les prémices d'une révolution industrielle qui profita beaucoup à la ville, mais qui causa aussi une restructuration sociale difficile qui s'exprimera par la révolte des Canuts en 1831.




Les bugnes de Lyon

Les bugnes de Lyon

Les bugnes sont une spécialité culinaire du centre-est de la France et notamment de Lyon. Sorte de beignets, ils sont traditionnellement fabriqués par les commerçants pour le mardi-gras avant le Carême.
Les particuliers avaient également l'habitude d'en faire, afin de ne pas gâcher les matières grasses (huile de cuisson) dont l'usage était interdit pendant cette période.