Guide Touristique : Kyoto

Kyoto

Jette une pierre au hasard, tu blesses un professeur (proverbe de Kyoto)

Histoire de la ville de Kyoto :
Bien que les premières traces d'occupation du Japon datent de 10 000 avant JC, la région de Kyoto ne sera habitée qu'à partir du 7ème siècle. A cette époque, il semble que le clan Hata originaire de Corée s'installe dans la partie ouest de la plus grande île du Japon, Honshu.

En 794, l'empereur Kammu décide de s'éloigner de Nara, première capitale fixe du Japon, afin d'échapper à l'influence des temples bouddhistes.
Il va choisir la région de Kyoto et une nouvelle capitale est construite. Elle est baptisée Heiankyo signifiant Capitale de la paix. Son nom deviendra ensuite Miyako, capitale impériale, et enfin Kyoto.

Le plan de la ville s'inspire des cités chinoises construites en damiers. Toutes les rues se coupent à angle droit et la ville est traversée du nord au sud par une large avenue aboutissant au nord au palais impérial et au sud à la porte principale de la capitale.

La cour impériale fortement influencée par la Chine favorise l'expansion des arts et de la culture et Kyoto devient une cité réputée pour son raffinement. Les temples et les palais sont somptueux. Cette période fastueuse est appelée Heian.

En 1185, la ville devient le théâtre des guerres entre familles rivales, les Heike et les Genji.
La ville est en grande partie détruite. Le pays est à partir de cette époque dirigée par des shoguns, l'empereur n'ayant plus qu'un rôle symbolique. Le shogun s'installe à Kamakura dans l'est qui devient la véritable capitale du Japon. Il laisse cependant un représentant à Kyoto et la ville continue à se développer et à devenir un important centre de commerce, des quartiers se créent pour accueillir marchands et artisans.
Une multitude de temples sont construits, témoignant de la rivalité entre les différentes sectes, chacune voulant s'imposer aux autres.

En 1335, le nouveau Shogun Ashikaga décide de revenir s'établir à Kyoto qui retrouve son statut de capitale et tout son éclat culturel. C'est à cette époque qu'apparaissent les jardins zen, les pavillons de thé et les théâtres Nô.
Mais ce raffinement va de pair avec un laisser aller de la part des autorités et l'anarchie s'installe. Les combats de rue se multiplient et la ville en cendres est peu à peu désertée.

Fun du 16ème siècle, le Japon rentre dans une période de renaissance et d'unification. A nouveau des temples et des palais sont construits à Kyoto qui redevient le centre économique et culturel le plus important du Japon.
Le pays se replie sur lui-même et cesse toute relation extérieure. Les shoguns interdisent en 1636, aux Japonais de quitter le pays.
Cette période d'isolement va durer deux siècles.
Au milieu du 19ème siècle, les navires russes, anglais et américains obtiennent par la force la réouverture des ports japonais.
L'arrivée des étrangers et la signature de traités défavorables au Japon provoquent une crise grave et la révolte des puissants seigneurs des domaines. Ils se regroupent derrière l'empereur pour renverser définitivement les shoguns en 1868.
L'autorité de l'empereur est restaurée et le Japon rentre dans une période d'ouverture et de modernisation. Tokyo devient capitale.

Pendant la seconde guerre mondiale, Kyoto n'a pas souffert des bombardements et peut ainsi offrir de nombreux témoignages de son passé aux touristes, principale source de revenus.



Visiter Kyoto

Considérée comme la ville-mère du Japon, Kyoto possède de véritables trésors architecturaux qui constituent les plus beaux exemples des traditions japonaises.
En vous promenant dans ses rues, vous aurez l'agréable surprise de croiser des maikos en costume traditionnel, vous succomberez au charme des boutiques proposant des objets artisanaux typiques de la région, vous serez impressionnés par le palais impérial et le château des shoguns, vous serez étonnés devant le nombre de temples rivalisant de beauté et richesse, émerveillés par le calme se dégageant des jardins zen….
Kyoto, ville de plus d'un million d'habitants garde une dimension humaine au milieu d'un écrin de verdure.
Après avoir parcouru ses rues, visité ses monuments et musées, vous pourrez déguster quelques spécialités gastronomiques japonaises à la fois variées et raffinées et vous terminerez votre repas avec un verre de saké, servi froid ou chaud ou, si vous préférez, une tasse de thé


Bonne visite...



Palais impérial et château du shogun

Palais impérial et château du shogun

Le premier palais de Kyoto a été construit au 8ème siècle lorsque la ville devient capitale du Japon.
A cette époque, tous les bâtiments sont en bois et souvent victimes d'incendies. Le palais n'échappa pas aux catastrophes et il fut plusieurs fois reconstruit à l'identique à travers les siècles. Celui qui existe aujourd'hui date du 19ème siècle.
Le palais appelé Gosho couvre 51 hectares et comprend la résidence impériale ainsi que deux résidences de moindre importance, réservées aux membres de la famille régnante, au milieu d'un immense parc, le Kyoto Gyo. On peut y admirer deux étangs reliés par un canal, huit sanctuaires et plusieurs jardins de styles variés.

La résidence personnelle de l'empereur s'étend sur 11 hectares et comprend les appartements privés, la salle d'audience, la salle d'études et l'immense salle Shishinden dans laquelle se déroulaient tous les événements importants comme les couronnements et les jours de l'An.

Les empereurs japonais ont habité le Gosho jusqu'en 1867 lorsque Tokyo obtient le statut de capitale. Depuis lors, le palais sert de résidence secondaire à la famille impériale.

Symbole du pouvoir des shoguns, le château Nijo fait pratiquement face au palais. Il leur servait de résidence secondaire lorsqu'ils se déplaçaient à Kyoto.
Un premier château a été construit en 1568 mais il fut très vite anéanti au cours d'une guerre.
Il sera reconstruit en 1603 et agrandit quelques années plus tard.
Il est entouré de deux cercles concentriques de fortifications abritant deux palais : le Honmaru comprenant appartements, salles de réception et cuisines et le Ninomaru, un des plus beaux exemplaires d'architecture japonaise. Les couloirs de ce palais ont la particularité d'émettre des sifflements de rossignol lorsque quelqu'un y marche. Ce système servait d'alarme, prévenant les gardes de la moindre intrusion.
L'ensemble est entouré de plusieurs jardins et pièces d'eau.




Les jardins zen

Les jardins zen

Les jardins zen sont nés en Chine où on les appelait « Chan ». Ils servaient de lieu de méditation aux moines bouddhistes. Etant donné que la plupart des monastères se trouvaient en pleine montagne. Ils étaient souvent aménagés avec des rochers. Ils abritaient également le point d'eau, puits ou réserve.

Ces jardins zen se sont retrouvés par la suite dans la culture coréenne sous le nom de Sôn avant de devenir les jardins zen japonais.

Au Japon, ils prirent une nouvelle signification philosophique par l'influence de la religion shinto qui met l'accent sur le caractère sacré de la nature.
Les concepteurs des jardins zen vont tenir compte de la pensée qui dit que l'homme ne peut pas dominer la nature mais simplement y participer. Il faut donc obtenir un endroit proche du divin tout en respectant son aspect naturel.
Le jardin zen devient alors l'intermédiaire entre le sacré et le profane. Il va purifier l'homme qui le traverse avant qu'il ne rentre dans sa demeure. C'est pourquoi chaque bâtiment important au Japon est entouré d'un jardin et particulièrement lorsqu'il s'agit des pavillons de thé. Dans les jardins zen puristes, il n'y a aucune fleur car il est interdit d'y mettre une plante qui change au fil des saisons.

Kyoto possède plusieurs jardins zen mais le plus célèbre est sans aucun doute celui du monastère Ryoanji. Il est un représentant parfait du style karesansui, jardin de pierre sec où l'eau est représentée par du gravier ratissé.
Le jardin zen de Ryoanji est intégré lui-même dans un autre jardin. Il est composé d'un espace assez restreint (23 mètres sur 9) abritant 15 pierres disposées sur un lit de gravier blanc. Elles sont disposées de manière à ce qu'on ne peut jamais voir les 15 pierres en même temps quel que soit l'endroit où on se trouve à moins dit-on d'avoir atteint l'Eveil Spirituel » grâce à la méditation.




Les temples de Kyoto

Les temples de Kyoto

Kyoto est la ville japonaise abritant le plus de temples. Plus de 2000 temples sont ainsi dénombrés. Chacun offre à ses visiteurs un moment de calme et les jardins zen invitent au recueillement et à la méditation. Ils représentent un monde hors du temps au sein d'une grande ville moderne.

Certains d'entre eux sont devenus des destinations touristiques incontournables :

  • le Pavillon d'or datant de 1397 construit pour un shogun et transformé en temple zen à sa mort. Ses deux niveaux supérieurs sont entièrement recouverts d'or qui se reflète dans les eaux de l'étang donnant l'impression que le bâtiment flotte.
  • To-Ji, la plus haute pagode du Japon, bâtie en cinq étages et mesurant 55 mètres de haut. Le bâtiment d'origine date de 796 mais a été reconstruit à l'identique en 1644 après un incendie.
  • Le Daitoku-Ji, vaste complexe comprenant 25 temples regroupés autour du temple principal et entourés de trois jardins zen. Il a été construit en 1324 et fut dès sa création célèbre pour la beauté et la richesse de ses décors et œuvres d'art. C'est dans un de ces temples (Juko-In) que le maître de thé, Sen No Rikyu, se donna la mort en 1591. Il fut l'un des personnages les plus influents du Japon. Issu d'une famille de marchands, il étudia le bouddhisme zen et l'art du thé auprès de grands maîtres. Il fut alors attaché au temple de Daitoku-Ji où il perfectionna l'art du thé en y incorporant les concepts de wabi et sabi permettant de dévoiler la beauté cachée des objets les plus communs. La cérémonie du thé obtint alors un espace de spiritualité privilégié, pavillon et jardin. Sen No Rikyu obtint les faveurs des maîtres du Japon et accumula les richesses. Cependant son arrogance déplut à Hideyoshi qui se sentait intellectuellement son inférieur. Lorsque le maître du thé fit élever une statue le représentant devant le temple, Hideyoshi lui ordonna le suicide rituel, Seppuku.




Les festivals de Kyoto

Les festivals de Kyoto

Kyoto est une ville qui a su préserver les traditions. Cette volonté se retrouve à travers l'organisation de ses trois grands festivals :

  • Aoi Matsuri qui se déroule chaque 15 mai. Il perpétue depuis le 8ème siècle le souvenir de la procession et des offrandes apportées par les courtisans de l'empereur Kimmi pour calmer la colère des dieux face au manque de piété des sujets. Pour se venger, ils envoyaient sur le pays des tempêtes épouvantables qui se calmèrent immédiatement. De nos jours, le cortège se compose de 600 figurants costumés et traverse la ville depuis le château jusqu'aux sanctuaires de Shimogamo et Kamigamo.
  • Gion Matsuri qui se déroule tout le long du mois de juillet dans les quartiers de Kyoto. Il rappelle la procession organisée en 869 pour implorer les dieux d'arrêter l'épidémie de peste qui ravageait la ville. Des offrandes furent faites à Gion divinité veillant sur la santé des fidèles shintoïstes. De nos jours, la cérémonie religieuse s'est transformée en fête célébrant la prospérité de la ville et sa richesse culturelle. Le point culminant du festival est représenté par le défilé de 32 chars le 17 juillet. Cette parade est surnommée le « musée ambulant » en raison des ornements somptueux, véritables trésors transmis depuis plusieurs siècles de génération en génération et qui servent à décorer les chars.
  • Jidai Matsuri (festival des âges) qui se déroule tous les 22 octobre depuis 1895. Il rappelle que Kyoto a été la capitale de l'empire pendant plus de 1000 ans et a été créé pour consoler ses habitants d'avoir perdu son statut de capitale en 1868. Plus de 2000 figurants défilent dans les rues portant des costumes représentant les différentes époques. Ils traversent la ville du palais impérial jusqu'au sanctuaire de Heian.




Nishijin Ori

Nishijin Ori

Des ateliers de tissage ont existé à Kyoto dès la fondation de la ville. Les artisans étaient regroupés dans le quartier de Nishijin et fabriquaient des luxueux vêtements destinés à la noblesse de la cour impériale. Le quartier donna son nom à ces tissus aux dessins raffinés et aux coloris variés qui formaient un véritable paysage sur les kimonos.




Hana Kanzashi

Hana Kanzashi

Le hana kanzashi est une sorte d'épingle servant à décorer les coiffures des Maikos de Kyoto. Elles sont ornées d'un motif en forme de fleur (hana) et sont entièrement réalisées à la main. Chaque mois correspond à une fleur de saison précise pour donner l'impression que l'épingle est faite en fleurs naturelles.




Yatsuhashi

Yatsuhashi

Le yatsuhashi est un gâteau, spécialité de Kyoto. Il est fait à base de farine de riz et de cannelle.
A l'origine on le trouvait uniquement en biscuit sec pour des raisons de conservation mais à l'heure actuelle on peut les déguster dans une version à pâte crue et molle, souvent préférée.
Les confiseurs de Kyoto ont également créé de nouveaux goûts comme le sésame ou le chocolat.




Poterie Kiyomizu

Poterie Kiyomizu

Aux alentours du temple bouddhiste, Kiyomizu Dera, s'étend un important quartier commercial depuis le 17ème siècle. On y trouve une multitude de petites boutiques vendant des objets issus de l'artisanat traditionnel local et plus particulièrement des poteries aux motifs typiques.
Les potiers de Kiyomizu perpétuent la fabrication de deux types de céramiques exécutées sur tour : les porcelaines et les faïences.