Guide Touristique : Delft

Delft

Delft a reçu le statut de ville en 1246 des mains de Guillaume II, comte de Hollande.
Son nom tire son origine du mot néerlandais « delven » signifiant « creuser » et faisant allusion à l'ancien canal de la ville, le « Oude Delft ».
En 1536 une gigantesque incendie va détruire les 4/5ème des habitations de la ville, ce qui explique que la plupart des bâtiments des vieux quartiers datent de la seconde moitié du 16ème siècle.
En 1572, Guillaume d'Orange dit Guillaume le Taciturne en conflit avec le roi d'Espagne, Philippe II s'installe à Delft. Il mène la lutte qui aboutira à l'indépendance des Provinces Unies le 2 juillet 1581 lors de la signature d »e l' « Acte de La Haye ».
Cependant les combats, connus sous le nom de la Guerre de quatre-vingt ans, ne sont pas terminés et le 10 juillet 1584, celui qui avait été surnommé le Père de la Patrie est assassiné au Prinsenhof de Delft par Balthazar Gérard attiré par la récompense promise par le roi d'Espagne.
Guillaume d'Orange ainsi que tous les membres de sa famille sont enterrés dans la Nieuwe Kerk (nouvelle église) de Delft. Les membres de la famille royale actuelle font toujours partie de la dynastie Orange-Nassau.
En 1602, Delft devient un des sièges de la Compagnie Néerlandaise des Indes Orientales. De ville culturelle, elle va obtenir le statut de ville commerçante grâce aux échanges avec les contrées lointaines. C'est principalement la fabrication des faïences imitées des oeuvres chinoises qui va faire la renommée de Delft ; Actuellement, il existe encore toujours une industrie de faïencerie de réputation mondiale.
Delft gardera cependant son aspect culturel et plusieurs de ses enfants marqueront l'histoire. Parmi ceux-ci, il faut citer :
   - Johannes Vermeer dont les paysages et les portraits sont d'une incroyable beauté.
   - Antoine van Leeuwenhoek connu pour ses améliorations du microscope et pour son apport à la biologie cellulaire et à la microbiologie.
   - Hugo Grotius, juriste qui établit les bases du droit international, fondé sur le droit naturel.
De nos jours, Delft est une ville touristique pleine de charme alliée à un centre universitaire et de recherche de renommée internationale.



Visitez Delft

Pour découvrir l'ambiance si particulière des petites villes néerlandaises, et particulièrement de Delft, je vous invite à contempler le célèbre tableau de Johannes Vermeer, « Vue de Delft ».
Qui mieux que cet enfant du pays pourrait rendre l'atmosphère unique d'une ville flamande s'éveillant après une averse de pluie ?
Par la magie de coups de pinceau, nous entrons dans le Oude Delft, nous parcourons ses rues bordées de maisonnettes ou se retrouve l'influence espagnole du 17ème siècle, l'activité débordante des chantiers le long du canal de la Schie. Ecoutez bien … on entend le bruit des sabots des habitants silencieux marteler les pavés des ruelles. Vous déboucherez bientôt sur quelque place occupée depuis des siècles par les pêcheurs écoulant leur marchandise toute fraîche.
Sur les trottoirs, les typiques vélos hollandais disputent la place aux bacs ruisselant de fleurs. Au loin, les ailes d'un moulin se détachent sur le ciel nuageux. Pas de doute nous sommes bien aux Pays Bas.
Delft est une petite ville mais elle abrite des trésors. Perdez vous et admirez les façades anonymes ou les monuments connus tels l'hôtel de ville dont seule la tour est antérieure à l'incendie de 1618, les tours jumelles de la porte de l'Est, l'entrepôt d'armes devenu musée de l'armée...
Et avant de continuer la visite des nombreux musées d'art et d'histoire, profitez de quelques instants de paix dans le splendide jardin botanique.
N'oubliez pas non plus de visiter les ateliers de la faïencerie royale et laissez vous tenter avant de repartir en achetant une de ces splendides pièces classiques ou contemporaines, selon vos préférences.
Bonne visite...


Bonne visite...



VOC Verenigde Oost-indische Compagnie

VOC Verenigde Oost-indische Compagnie

C'est vers la fin du 16ème siècle que les Provinces Unies envisagent d'établir des relations commerciales avec les Indes.
A partir de 1598, de nombreux navires néerlandais partent en direction de l'Océan Indien et vont retirer de substantiels bénéfices en ramenant des produits (épices, tissus, faïences, …) des Indes, de Chine et du Japon. Ces résultats encourageants incitent les différentes compagnies à se regrouper afin de mieux organiser les échanges et assurer une meilleure sécurité aux navires marchands.
Le 20 mai 1602, la Compagnie néerlandaise des Indes Orientales (Verenigde Oost-indische Compagnie – VOC) est fondée. Elle est administrée par six chambres représentant six villes dont Delft.
Dès sa création, la VOC devient la première grande société anonyme de l'histoire. Elle est cotée en bourse et paie des dividendes atteignant plus de 25%. Ses actions connaissent une spectaculaire envolée. Très vite la VOC obtient un monopole de 21 ans pour le commerce avec les Indes. Devenue extrêmement puissante, la Compagnie constitue pratiquement un Etat dans l'Etat. Elle peut prendre les décisions de police, juridiques et politiques dans ses comptoirs. Elle possède également une flotte de guerre et peut frapper monnaie. Rapidement elle étend ses territoires vers Ceylan (dont une île s'appelle Delft), Batavia et l'Afrique du Sud.
C'est suite aux importations de porcelaine chinoise, que les faïenceries de Delft verront le jour, les artisans néerlandais copieront à la fois les techniques et les décors, du moins dans un premier temps, des pièces orientales.

Au 18ème siècle, plusieurs facteurs vont précipiter le déclin de la VOC, corruptions internes, ouverture du commerce libre avec la Chine, guerres européennes, ...
Croulant sous les dettes, la Compagnie est dissoute en 1798.




Guillaume le Taciturne

Guillaume le Taciturne

Le lien entre la maison Nassau et les Pays-Bas remonte à 1403 lorsque le comte Englebert Ier de Nassau épouse Johanna van Polanen originaire de Breda, dans le duché de Brabant appartenant aux Ducs de Bourgogne.
Un des parents d'Englebert possédait la principauté d'Orange dans le Sud de la France. A sa mort, c'est Guillaume de Nassau, descendant d'Englebert qui va recevoir le titre héréditaire de Prince d'Orange. Guillaume dit le Taciturne devient donc Guillaume d'Orange-Nassau. Il est considéré comme fondateur des Provinces Unies (réunissant les actuels Pays Bas et une partie de la Belgique). Ses descendants garderont à leur tour ce nom bien que la principauté soit annexée à la France à la fin du 17ème siècle. La famille royale hollandaise actuelle fait toujours partie de la dynastie Orange-Nassau, le droit de succession au trône étant acquis à tous ses membres jusqu'au 3ème degré et la couleur de la Hollande est bien entendu… l'orange.

Guillaume le Taciturne alors comte de Hollande, de Zélande et d'Utrecht prit le parti de la résistance populaire contre les projets de centralisation de Philippe II roi d'Espagne. Le mouvement de révolte débuta contre le duc d'Albe qui était chargé d'instaurer l'Inquisition dans les Provinces. Une première victoire contre l'armée espagnole débouchera sur l'Union d'Utrecht (à ne pas confondre avec le traité du même nom) en 1579 qui sera suivi deux ans plus tard par l'Acte de La Haye établissant l'indépendance des Provinces Unies.
Cependant la guerre contre l'Espagne est toujours encours et Philippe II d'Espagne promet une forte récompense, 25 000 écus, à celui qui le débarrasserait de Guillaume d'Orange devenu Stadhouder des provinces libérées. Après plusieurs tentatives qui se soldèrent par un échec, c'est le jeune Balthazard Gérard qui le 10 juillet 1585 parvint à assassiner Guillaume au Prinsenhof de Delft. Trois jours plus tard il fut exécuté et c'est sa famille qui bénéficia de la récompense sous forme de lettres de noblesse, privilège qu'ils perdirent lorsque Louis XIV s'empara de la Franche Comté.
Guillaume Ier est enterré, ainsi que tous les membres de la dynastie, à la Nieuwe Kerk de Delft (Nouvelle église).




Les faienceries de Delft

Les faienceries de Delft Le mot « faïence » tire son origine du petit village italien de Faenza, grand centre artisanal de la céramique dès le 15ème siècle. Le terme faïence désigne une céramique tendre et poreuse émaillée, recouverte d'un enduit en général à base d'oxyde d'étain.
Au 17èeme siècle, l'Espagne, le Portugal et l'Italie sont les maîtres faïenciers en Europe mais bientôt la France avec Nevers et la Hollande avec Delft vont les surpasser.
C'est la création de la Compagnie néerlandaise des Indes Orientales qui provoquera l'importation massive de porcelaines orientales à Delft. Les céramistes de la ville auront l'idée de recopier les techniques et les décors de ces faïences et les premières oeuvres sortent de leurs ateliers avec des décors variés en camaïeu bleu. Très vite, elles rivalisent avec les oeuvres des maîtres chinois et japonais.
Trente deux faïenceries voient le jour dans la ville. Des décors polychromes d'influence méditerranéenne et des faïences noires d'origine asiatique viennent agrandir leur gamme.
Ils produisent non seulement de la vaisselle et des objets décoratifs mais également des panneaux entiers composés de petits carreaux pouvant recouvrir des pans de murs entiers.
De nos jours, il ne reste plus que quelques fabriques de faïence à Delft dont la plus célèbre est la faïencerie royale « De Porceleyne Fles » créée en 1653 par David Anthonisz van der Pieth.
On peut visiter ses ateliers et découvrir à l'aide d'une vidéo et d'une exposition les techniques et l'histoire de la fabrique.
Chaque pièce vendue est unique et munie d'un certificat d'authenticité.


Johannes Vermeer

Johannes Vermeer

Johannes Vermeer dit Vermeer de Delft est un peintre hollandais né à Delft en 1632.
Durant son vivant, il jouit d'une petite renommée mais celle-ci s'éteint en même temps que lui en 1675.
En 1886, le Français Etienne Thoré le redécouvre et publie un livre consacré à son oeuvre.
Cependant c'est un scandale qui donnera à son talent toute l'attention qu'il mérite.
Le peintre et restaurateur hollandais, Han van Meegeren va se venger des mauvaises critiques qui accueillent ses oeuvres. Il se met à copier le style d'artistes connus avec une telle perfection que les plus grands experts internationaux sont trompés. Il peint essentiellement des « Vermeer ». dont le célèbre « Disciples d'Emmaüs ».
Ses oeuvres envahissent les musées et les collections privées. Durant la guerre, il parvient à vendre un de ses tableaux à Goering.
A l'issue du conflit, il est accusé d'avoir collaboré en laissant cette oeuvre dans les mains de l'ennemi. Emprisonné, il risque la peine maximale et préfère avouer la vérité et être jugé pour falsification d'oeuvres d'art. Afin de prouver sa bonne foi, il devra peindre un « Vermeer » dans sa cellule, devant six témoins. Il écopera une peine d'un an d'emprisonnement mais mourra avant la fin de celle-ci.
Cependant la renommée de Vermeer est définitivement établie et ses 35 oeuvres connues sont unanimement admirées.
Vermeer a commencé sa carrière par quelques oeuvres « historiques » avant de se tourner vers les paysages et les portraits.
Chaque paysage, en particulier ceux peints à Delft, est empreint de l'atmosphère changeante du Nord avec des nuages menaçants laissant filtrer quelques rayons de soleil. Ses portraits ressemblent à des instantanés ayant surpris les personnages en pleine action. Ils donnent une impression à la fois de grande quiétude et d'intensité.




Microscope de Delft

Microscope de Delft

Anton van Leeuwenhoek est né à Delft en 1632. Il y exerça le métier de drapier à partir de 1648. Afin de pouvoir mieux évaluer la finesse des tissus, il utilisait des perles de verre. C'est ainsi qu'il va fabriquer de nombreuses lentilles qui vont grossir jusqu'à 300 fois l'objet observé. Il apporte une amélioration énorme au microscope rudimentaire qui existait à l'époque.
Passionné par ses découvertes, va Leeuwenhoek examinera tout ce qui passe à sa portée. Le hasard voudra que ce drapier va devenir le père de la microbiologie. Il est le premier à examiner les bactéries, les protozoaires et les spermatozoïdes et ses découvertes lui permettent de s'opposer aux adeptes de la génération spontanée.
En 1680, il devient membre de la Royal Society of London et sa renommée devient mondiale.
Il restera un chercheur assidu jusqu'en 1723 lorsqu'il meurt à l'âge de 90 ans.




La Faience de Delft

La Faience de Delft

Depuis le 17ème siècle, Delft est réputée pour sa fabrication de faïences. Les motifs les plus célèbres représentent des paysages, des portraits en camaïeu bleu.
A l'origine de cet art, nous trouvons les importations d'oeuvres orientales qui transitaient par la ville lorsque la Compagnie néerlandaise des Indes Orientales détenait le monopole européen du commerce avec les territoires asiatiques.
Par la suite, motifs et couleurs se diversifieront mais c'est toujours le bleu qui est associée à la faïence de Delft.




Les sabots de Delft

Les sabots de Delft

D'origine française, les sabots n'ont envahis la Hollande qu'à partir du Moyen Age. A cette époque ils sont portés exclusivement par les bûcherons et par les habitants des régions marécageuses. Les sabots ont été ensuite adoptés par tout le monde. Ils présentaient bien des avantages. Le peuplier qui est l'arbre idéal pour creuser la forme du sabot se trouve en abondance aux Pays Bas et les sabots sont bien pratiques contre le froid et l'humidité. A l'heure actuelle, on ne le trouve plus que lorsque les Hollandais revêtent leur costume folklorique et bien entendu… dans les boutiques de souvenirs ou chaque touriste aura à coeur d'en acheter une paire.




Le Moulin de Delft

Le Moulin de Delft

Le moulin « De Roos » est le dernier des quinze moulins à vent qui étaient en activité à Delft.
Il a été construit en 1679 sur l'emplacement d'un moulin en bois antérieur au 16ème siècle. Celui-ci avait été démoli pour construire une plus haute tour. La pierre remplaça le bois et la forme hexagonale primitive laissa pla à la forme arrondie actuelle.
Le moulin a entièrement été restauré en 1990 et il est depuis accessible au public.