Guide Touristique : Cordoue

Cordoue

Hisoire de la ville de Cordoue :

Le site de Cordoue est occupé depuis la préhistoire et devient une colonie romaine au 2ème siècle avant JC, fondée par Marcus Claudius Marcellus, consul de Rome.
La ville reçut le statut de la province de Bétique (Hispania Baetica) qui correspond à peu près à l'Andalousie. Cette région est prospère grâce à ses ressources naturelles, plomb et argent, son agriculture et son commerce facilité par la navigation sur le Guadalquivir (Baetis).

Au 3ème siècle, Cordoue devient le siège de l'évêché. Cette opulence subsiste jusqu'en 572, lorsque les Wisigoths occupent la ville après l'effondrement de l'empire romain d'occident.

Au début du 8ème siècle, les Maures envahissent la péninsule ibérique et en 711, ils s'emparent de Cordoue qui retrouve très vite sa splendeur. Les musulmans entreprennent de grandes constructions et établissent leur gouvernement. Cordoue devient la capitale de l'Espagne maure. La langue officielle est dorénavant l'arabe et la religion dominante est l'islam.

Cordoue va dès lors connaître un rayonnement incroyable, plus de 1000 mosquées et 600 bains publics vont être construits. En 929, Abd al-Rahman III établit le califat de Cordoue qui va rivaliser en taille et en splendeur avec Bagdad ou Constantinople. A son apogée, sa population atteint 250 000 habitants.

Au début du 13ème siècle, le califat se divise en petits états appelés Taïfas (communautés). Cette séparation et la rivalité qui s'installe entre eux favorisent la conquête de la région et en 1236, Ferdinand III de Castille rattache Cordoue à l'Espagne catholique.
Dans un premier temps, les communautés juives et musulmanes vivent en bonne entente avec les catholiques. Cependant au 15ème siècle les choses changeront et le gouvernement veut établir ue Espagne catholique et unifiée. Les Juifs sont chassés hors du pays et les musulmans qui refusent de se convertir le quittent également.

Cordoue resta alors capitale d'une région agricole prospère mais ne connut plus jamais son rayonnement passé.
En 1801, Napoléon veut s'emparer de l'Espagne qu'il désire intégrer à son Empire. Il obtient l'abdication du roi en sa faveur ce qui va soulever la population contre les troupes françaises. La révolte éclate à Madrid et la répression est sanglante mais très vite toutes les régions espagnoles suivent le mouvement. L'Andalousie devient le centre de la résistance et Napoléon concentre sa contre offensive sur la région c'est ainsi qu'il va s'emparer de Cordoue la laissant en cendres. Les Espagnols ne renoncent pas et une guérilla s'installe. Les Français devront renoncer à l'Espagne en 1814 et Ferdinand VII retrouva son trône.



Visiter Cordoue

Comme toutes les villes andalouses, Cordoue nous offre ce mélange de styles musulman et catholique, témoins de ses influences passées. Les vieux quartiers de la ville présentent des ruelles sinueuses bordées de belles maisons blanchies à la chaud aux portails de fer forgé donnant accès aux célèbres patios fleuris où les habitants viennent chercher un peu de fraîcheur au cœur de leurs étés torrides. Si vous passez par Cordoue au mois de mai, vous aurez accès à ces cours puisque les propriétaires les laissent ouvertes à tous afin de participer au concours du plus beau patio fleuri de la ville. Cordoue qui fut un des plus grands centres intellectuels du monde, vit aujourd'hui principalement du tourisme. Tout en préservant ses trésors architecturaux, elle a su se tourner vers la technologie pour accueillir ses visiteurs dans une infrastructure hôtelière alliant le charme des traditions hospitalières ibériques et le confort du modernisme. Amateurs d'art, de culture ou de flâneries trouveront de quoi satisfaire leurs besoins dans la vieille cité andalouse. Enfin, vous pourrez goûter à la cuisine cordouane, vous désaltérer à une terrasse ombragée, profiter des fêtes nocturnes, visiter les multiples musées, les anciennes mosquées transformées en églises ou simplement admirer les nombreux jardins publics de la ville.


Bonne visite...



La Grande Mosquee

La Grande Mosquee

Du temps de sa splendeur, sou la domination musulmane, Cordoue pouvait rivaliser avec toutes grandes villes. Son urbanisme en particulier la faisait sortir du lot. Mosquées, hammams, éclairage public perfectionné et surtout sa Grande Mosquée la rendaient incomparable.

Bâtie probablement sur le site d'une ancienne basilique wisigothe, la Grande Mosquée date de 785. Elle a été bâtie sur ordre d'Abd al Rahman 1er.
Ses successeurs vont agrandir plusieurs fois le bâtiment qui couvrit 23 000 m², seconde mosquée au monde par sataille, après la Mecque.

Les premiers bâtiments comprenaient une cour carrée plantée d'orangers et entourée d'une enceinte et une vaste salle de prière rectangulaire formée de 11 nefs à 12 travées. Cette salle était ouverte sur la cour. Les colonnes soutenant les nefs provenaient de bâtiments antérieurs, wisigoths et romains. A l'opposé de cette salle se trouvait le minaret.

La salle fut donc plusieurs fois agrandie jusqu ‘au 10ème siècle. A ce moment la salle de prière comptait 856 colonnes de marbres, soit 256 de plus qu'à son origine. Cette véritable forêt de colonnes soutenait deux étages d'arcs ce qui non seulement permet d'avoir un plafond très haut mais donne également une grande légèreté de l'ensemble. Le mirhab devant indiquer aux fidèles la direction de la ka'ba de La Mecque fut plusieurs fois déplacée suite aux nouveaux aménagements. Ce qui dans la plupart des mosquées est une simple niche, se compose à Cordoue d'une véritable pièce.

En 1236, Cordoue est occupée par les Chrétiens qui vont transformer la Mosquée en Cathédrale.
Dans un premier temps ils ferment la salle de prière, ne laissant qu'une simple porte donnant sur la cour et aménagent à l'intérieur la Chapelle Royale ainsi que plusieurs autres petites chapelles. Pour cela, ils abattent quelques colonnes et élèvent des closions.

Au 16ème siècle, l'ensemble est jugé trop modeste et les chanoines font abattre la partie centrale de la salle pour édifier une cathédrale gothique et baroque qui semble être curieusement déposée dans une mosquée. Bien que la cathédrale soit fort belle, on peut regretter qu'elle ait ainsi abîmée un chef d'œuvre de l'architecture musulmane.

Aujourd'hui, la Mezquita est toujours debout et en activité. Elle résume à elle toute seule l'histoire des religions de cette contrée. Il est particulièrement curieux de voir les statues chrétiennes appuyées contre des façades chargées d'ornements musulmans.




La Juderia

La Juderia

Très tôt de nombreux marchands s'installent à Cordoue, attirés par la fertilité du sol et les richesses naturelles du pays ainsi que par sa situation géographique privilégiée.
Les Phéniciens, les Grecs et les Juifs furent les premiers à ouvrir des comptoirs.
Cette période clémente prend fin avec l'arrivée des Wisigoths qui s'emparent des villes et obligent les Juifs à se convertir ou à partir en exil. Beaucoup d'entre eux perdirent ainsi leurs biens et furent réduits en esclavage.

Au 8ème siècle, l'Espagne se convertit à l'Islam et les Arabes font de Cordoue un riche centre culturel. Les Juifs retrouvent une place importante et contribuent à l'expansion de la civilisation musulmane, en particulier les sciences et la littérature.
Les Juifs partis en exil reviennent à Cordoue. Ils accèdent à des charges importantes et brillent principalement dans le commerce, la médecine et la philosophie et obtiennent des postes dans la vie politique.
La Cour Royale établie dans la ville protège les érudits qu'ils soient Juifs ou Arabes et constitue une extraordinaire bibliothèque qui comptera 600 000 ouvrages.

Les familles juives se regroupent dans le quartier de la Judeira qui s'étend entre la Grande Mosquée et les murailles de la ville. On peut encore y voir les belles demeures décorées d'azulejos ainsi que la dernière synagogue de Cordoue.

En 1236, Ferdinand III de Castille s'empare de Cordoue. Lui-même et ses successeurs sont tolérants et respectent les différentes communautés. On assiste à l'éclosion d'un nouveau style architectural spécifique : les monuments mudéjars, édifices à fonction chrétienne mais présentant les techniques de constructions et les formes musulmanes.

Malheureusement vers la fin du 15ème siècle les Juifs sont expulsés du pays, les autorités voulant que seule les catholiques restent en Espagne.




Pont romain et tour de la Calahorra

Pont romain et tour de la Calahorra

Le plus ancien pont enjambant le Guadalquivir est un des seuls vestiges datant de l'époque romaine de Cordoue. Il a été construit sous le règne d'Aauguste au 1er siècle, repose sur 16 arches et mesure 247 mètres de long.

Au 14ème siècle, une forteresse fut construite pour défendre le pont. Il s'agit de la tour de la Calahorra. C'est Henri de Trastamare, futur Henri II de Castille qui la fait élever pour se défendre contre d'éventuelles attaques de son frère, Pierre 1er de Castille, dit Pierre le Cruel ou Pierre le Justicier.

La tour présente un plan en forme de croix latine. Trois de ses bras sont des tours carrées unies entre elles par des tours en quart de cylindre. Au fil des siècles, ses 14 salles furent transformées, en prison pour les nobles, en casernes et en collège avant d'accueillir actuellement un musée retraçant l'histoire cordouane.




Les philosophes cordouans

Les philosophes cordouans

Patrie de Sénèque le stoïcien romain, Cordoue a de tous temps été le berceau de philosophes hors du commun. Parmi ceux-ci, deux noms se détachent : le musulman Averroès et le Juif Maïmonide.

Averroes est le nom latinisé d'un des hommes les plus érudits de son époque, à la fois philosophe, théologien, mathématicien et médecin qui naquit à Cordoue vers 1126 dans une famille aisée.

Se basant sur l'étude des théories aristotéliciennes, Averroès soutient qu'il existe une intelligence universelle et immortelle à laquelle tous les hommes participent.
Les autorités musulmanes le jugèrent hérétique et l'exilèrent. Ses œuvres et principalement ses commentaires des textes d'Aristote vont traverser les siècles. Il est devenu le symbole de l'ouverture d'esprit et de la tolérance sans barrières culturelles, raciales ou quelconque préjugé.

Moïse Maïmonide est né également à Cordoue une dizaine d'années après Averroès.
Issu d'une longue lignée de rabbins et de juges, il dut s'exiler au Maroc avec sa famille à l'âge de 13 ans, sa famille ayant refusé de se convertir.
Très jeune, il s'intéresse à la philosophie. Une nouvelle fois contraints à l'exil, Maïmonide et sa famille arrivent en Terre d'Israël et ensuite en Egypte. Pour subvenir à ses besoins, il devient rabbin tout en exerçant la médecine.

Comme Avarroès, il s'attache à la philosophie d'Aristote et l'introduit dans la pensée juive. Il tend également à concilier les sciences et la religion en éliminant toute forme de préjugés.

Comme médecin, Maïmonide prône l'hygiène de vie et jette les bases de la psychologie en cherchant des causes psychosomatiques aux maladies.




Salmorejo

Salmorejo

Le Salmorejo est une soupe froide et épaisse, spécialité de Cordoue. La recette remonte à l'époque romaine. A cette époque, les soldats mangeaient une sorte de pâte cuisinée à base du pain de la veille mélangé à de l'ail et de l'huile d'olive.
Par la suite, les Cordouans y incorporèrent des tomates.




Le Cuir de Cordoue

Le Cuir de Cordoue

Lorsque la mode des chaussures élégantes et raffinées envahit les cours européennes, les meilleurs cuirs furent requis pour leur fabrication.
Parmi ceux-ci, les cuirs provenant des tanneries de Cordoue étaient reconnus pour être les plus beaux.

C'est ainsi que prit naissance la corporation des « cordonniers » dont le nom est une déformation de « cordouanier » désignant un artisan qui travaille le cuir de Cordoue.
Depuis cette époque, le cuir de Cordoue a gardé sa réputation.

Les cuirs de Cordoue servaient également dans l'ameublement et pour la reliure de livres.
Les motifs étaient gravés en repoussé et ensuite peints.




Les Bijoux de Cordoue

Les Bijoux de Cordoue

La région de Cordoue était réputée dès l'Antiquité pour ses mines d'argent. Dès cette époque des artisans cordouans excellèrent dans l'art de le travailler. Ce secteur d'activité est toujours florissant et les bijoux ou pièces d'orfèvrerie en argent filigrané sont renommés. Les motifs sont semblables à ceux qu'on trouve sur les objets en cuir repoussé et sont en général issus des décors végétaux musulmans.




Seneque

Seneque

Lucius Annaeus Seneca mieux connu sous le nom de Sénèque est né à Cordoue vers 4 avant JC dans une famille aisée. Il reçut une excellente éducation et vers l'âge de 35 ans, commence son « cursus honorum » : conseiller à la cour, préteur, conseiller de Néron et consul. Il est surtout connu pour avoir appartenu à l'école philosophique des Stoïciens fondée par Zénon. Cette philosophie proclame qu'il faut vivre en accord avec la nature et la raison pour atteindre sagesse et bonheur. Mêlé de près aux intrigues de Néron et sa famille, Sénèque finit par tomber en disgrâce. Condamné à mort, il va sur ordre de Néron, s'ouvrir lui-même les veines.