Guide Touristique : Cognac

Cognac

La région de Cognac, en Charente, a été habitée dès le paléolithique.
De nombreuses traces datant du néolithique ont été découvertes, témoignant de l'existence de différentes communautés ayant cohabités à cet emplacement. Sa situation géographique sur le fleuve Charente, va favoriser l'établissement d'un village gallo-romain. Cette période reste assez obscure et plusieurs théories ont été avancées. Les vestiges de cette époque appartiendraient soit à la ville romaine de Condate soit à un domaine du nom de Conniacum, ayant appartenu à un chef gallo-romain.
Il est certain que Cognac quelle que fut son identité était déjà le centre d'une grande activité dès les premiers siècles de notre ère. On y a retrouvé plusieurs bassins qui ont servi pour la viticulture, l'agriculture ou une production artisanale.

Au début du Moyen-âge, un village carolingien prend la place de la cité antique, il occupait le site de l'actuel faubourg Saint Martin. Une première chapelle est érigée. La nécropole Saint Martin devient la plus grande de la région et restera en activité jusqu'au 18ème siècle.

Au 11ème siècle, la famille de Villebois fonde une dynastie à Cognac et construisent un castrum en bois. Peu après, les Bénédictins édifient un prieuré et l'église Saint Léger.
La ville prend rapidement de l'importance grâce à son activité portuaire et au commerce du sel. Elle obtient également des libertés communales et des privilèges fiscaux.

Cette prospérité attise la convoitise et Cognac se trouvera plusieurs fois l'enjeu de conflits entre Anglais et Français.
Au 12ème siècle, Cognac fait partie du comté d'Angoulême et devient un important centre culturel. Une cour provinciale s'y installe. Le château est alors reconstruit en pierre.

Durant la Guerre de Cent Ans, la ville passe entre les mains de différents suzerains et est gouvernée 20 ans par le Prince Noir avant de redevenir française.
Les Valois se réinstallent au château et c'est là que va naître en 1494 François de Valois-Angoulême, futur François 1er. Devenu roi, il n'oublia jamais sa ville et y fit de fréquents séjours.

Durant la Réforme, Cognac se range très tôt du côté des protestants et sera une des villes reconnues comme huguenote en 1570 à la signature de la Paix de Saint Germain.

Lorsque les Bourbons montent sur le trône de France, Cognac perd la plupart de ses privilèges et ne retire presque plus de bénéfices de son commerce de sel.
Les Cognaçais se lancent alors dans le négoce du vin avec la Hollande et l'Angleterre.
Comme le vin supportait mal le transport, les marchands eurent l'idée de le distiller et c'est ainsi qu'apparaissent les premières eaux-de-vie de la région, ancêtres du célèbre Cognac.

En 1651, la ville est assiégée par Condé durant la fronde.
Les troupes du roi viennent au secours de la ville qui recevra de nouveaux privilèges de la part de Louis XIV en remerciement de leur résistance.
La prospérité de la ville est relancée et elle connaît un agrandissement spectaculaire notamment au 18ème siècle avec l'installation de familles anglo-saxonnes qui vont développer le commerce de l'eau-de-vie. Parmi celles-ci on retrouve des noms aussi célèbres que Martell, Rémy-Martin ou Hennessy.

Malgré l'arrêt des exportations durant la Révolution et l'Empire et la crise du phylloxéra qui va ruiner plusieurs viticulteurs, l'eau-de-vie de Cognac connaît un succès grandissant et des négociants font construire des demeures somptueuses. Durant le 19ème siècle, la population de la ville va quintupler.

En 1891, les producteurs obtiennent la reconnaissance officielle du nom de Cognac pour leur eau-de-vie. Parallèlement d'autres entreprises liées à la distillerie voient le jour comme la tonnellerie et la verrerie.

Malgré une baisse de la croissance de la démographie au lendemain de la première guerre mondiale, Cognac ne va pas connaître de grands problèmes économiques… le monde n'arrêtera pas de déguster leur Cognac !



Visiter Cognac

La ville de Cognac est logée dans une boucle du fleuve Charente.
A partir des quais de la Charente, toutes les rues montent en forte pente mettant ainsi les habitations à l'abri des inondations.
Les rues du centre historique sont encore bordées de maisons médiévales mais on peut également admirer les riches demeures des négociants de Cognac. Le château de la ville lui-même abrite les chais d'une célèbre maison.

Tout ici témoigne de l'histoire de cette ville paisible et prospère. Les touristes sont accueillis dans une infrastructure alliant confort et modernisme. Ils peuvent ainsi assister aux nombreuses fêtes traditionnelles de Cognac, Floralies, festival du Blues, festival du film policier, salon de littérature, ….
Après avoir admiré l'ancien château des Valois et le prieuré des Bénédictins, visité les musées et les distilleries pour découvrir l'histoire de Cognac et du Cognac, vous pourrez goûter avec délice à une gastronomie à nulle part ailleurs car ici, tout se cuisine au Cognac, de l'apéritidf au dessert sans oublier le verre après le repas… à consommer avec modération bien entendu !


Bonne visite...



Le château de Cognac

Le château de Cognac

Le château de Cognac est mentionné dès le 10ème siècle. C'est le premier seigneur de la ville, Helie de Villebois, qui fait édifier un castrum en bois sur la rive gauche de la Charente.
Ses descendants vont y fonder une véritable dynastie. Le bourg se construit peu à peu autour de ce fort dont il ne reste rien aujourd'hui.

Vers 1200, un château en pierre le remplace et à la même époque les premiers remparts de la ville sont édifiés. Cognac va passer en dot à la maison d'Angleterre suite au mariage d'Amélie de Taillefer avec le fils de Richard Cœur de Lion, Philippe de Falconbridge.
Celui-ci vend la seigneurie à Jean sans Terre.

Cognac redeviendra brièvement anglaise entre 1366 et 1370 et le Prince Noir, fils d'Edouard III en fait une de ses résidences préférées.
Au lendemain de la Guerre de Cent Ans, Jean de Valois revient à Cognac après avoir été prisonnier des Anglais pendant plus de 30 ans. Il retrouve son château dans un état de délabrement et entreprend de le restaurer.
La famille de Valois s'y installe et c'est ainsi que François 1er va naître à Cognac en 1494.
Très attaché à sa ville natale, ce roi va agrandir le château et faire construire la longue façade qui s'étend le long des quais.

La période de faste du château se termine en même temps que le règne de Valois. Il ne sera plus guère entretenu et une partie de ses bâtiments est vendue durant les 17 et 18ème siècles.
Il est alors mis en vente comme bien national et voué à la démolition.
Fort heureusement, en 1795, les négociants en eau-de-vie, Otard et Dupuy le rachètent pour y installer leurs chais. Certaines parties du château vont disparaître mais la société Otard procédera à la restauration et à la conservation des corps principaux.




Histoire du cognac

Histoire du cognac

La région de Cognac possède des vignobles dès l'Antiquité.
Au 3ème siècle, l'empereur romain Probus autorise les Gaulois à produire leur propre vin.
Cependant l'économie de la ville de Cognac repose essentiellement sur le négoce du sel et son vignoble ne prend de l'extension qu'à partir du 12ème siècle.
A cette époque, les exportations se diversifient et les vins régionaux sont vendus et acheminés en même temps que le sel principalement vers la Hollande.

Au 16ème siècle, des problèmes surgissent. D'une part, les vignobles produisent plus de vin qu'il n'est possible de transporter et, d'autre part, sa qualité a fortement baissée. Ces vins peu alcoolisés supportent mal le voyage en mer.

Les marchands hollandais ont alors l'idée de les distiller. Ils en font des vins brûlés, traduits par brandwijn en néerlandais. C'est ce terme qui va donner le nom de brandy.

Une fois distillés, les vins souffrent moins durant le transport. Arrivés à destination, les Hollandais allongent ce brandwijn avec de l'eau pensant ainsi retrouver le breuvage d'origine.

Au début du 17ème siècle, les Cognaçais vont améliorer le système hollandais et procéder à la double distillation. Ils obtiennent une eau-de-vie encore plus concentrée et dont le transport est donc moins coûteux.
Par hasard, les chargements de cargaisons ayant eu du retard, les producteurs vont se rendre compte que l'eau-de-vie bonifie lorsqu'elle reste stockée dans les fûts de chêne. C'est également à ce moment là qu'ils s'aperçoivent qu'on peut la consommer pure.

Très vite le succès arrive et au 18ème siècle des comptoirs sont créés dans toute la région. Ce sont principalement des anglo-saxons qui se lancent dans cette activité. Le commerce s'organise et l'eau-de-vie de Cognac débarque dans toute l'Europe mais également en Amérique et en Extrême-Orient.

Au 19ème siècle, les producteurs décident de mettre eux-mêmes leurs produits en bouteille et de ne plus les exporter en fûts. De nouvelles industries se créent dans la région.
Malheureusement en 1875, le phylloxera détruit la plus grande partie des vignobles qui passent de 280 000 hectares à 40 000 hectares.
Les viticulteurs s'organisent en comité et unissent leurs efforts pour relancer la production et par conséquent toute l'économie de la ville.
Ils remplacent toutes les vignes par de nouveaux plants venus du Texas, d'une souche résistante à la maladie.

En 1936, le Cognac obtient l'AOC (appellation d'origine contrôlée) et son élaboration est soumise à des règles strictes afin de protéger le produit.

De nos jours, le Cognac est exporté dans plus de 150 pays à travers le monde et est devenu un des symboles de la France.




Les industries connexes

Les industries connexes

Avec le développement de la production d'eau-de-vie à Cognac, toute l'économie de la région a connu un formidable essor.
La population a trouvé du travail non seulement auprès des producteurs et distillateurs mais également dans de nombreuses entreprises connexes :

  • la tonnellerie : la qualité des fûts de chêne dans lesquels va vieillir l'eau-de-vie est déterminante pour la qualité du cognac. Le tonnelier doit choisir soigneusement le bois pour ses capacités à apporter à l'alcool sa couleur et son bouquet. Ce chêne provient du Limousin et de l'Allier et est dur et peu poreux. Pour fabriquer le fût, il possède des techniques et des outils qui lui ont été transmis de génération en génération. Les arbres choisis doivent avoir plus de cent ans et rester trois ans à l'air libre après avoir été coupé afin d'éliminer toute trace de sève. A ce moment seulement le bois peut être travaillé, cerclé autour d'un feu de bois de chêne. Les douelles sont mouillés afin de leur donner la forme désirée. Elles s'imprègnent de l'odeur du feu qui va donner son goût et sa couleur au cognac. Enfin elles sont serrées à l'aide d'un cable et se joindre hermétiquement sans clou ni colle.
  • la verrerie : vers la fin du 18ème siècle, les producteurs de cognac commencent à vendre leur eau-de-vie en bouteilles et non plus en fûts afin de répondre à la demande d leurs clients. Au départ, ils s'approvisionnent en bouteilles dans les différentes verreries du pays et en particulier à Bordeaux. Très vite les premières industries du verre vont voir le jour à Cognac même. Un verrier cognaçais d'adoption, Claude Boucher rachète la verrerie Saint Martin. C'est lui qui va révolutionner cette activité en inventant en 1898 une machine capable de souffler le verre. Le but de ses recherches était de soulager les ouvriers obligés de souffler à la bouche avec des conséquences néfastes pour leur santé. Son invention va surtout permettre de produire beaucoup plus de cognac et bien entendu tous les viticulteurs vont acheter ces machines.
  • d'autres entreprises vont s'ouvrir également : cartonneries pour les emballages, imprimerie pour les étiquettes, bouchonnerie, machines agricoles et fabricants d'alambic…




De la vigne au verre

De la vigne au verre

Les vendanges au pays de Cognac se font en général durant tout le mois d'octobre.
Dès que le raisin est récolté, les grappes sont pressurées et le jus est mis en fermentation dans aucune adjonction de sucre.

Durant les trois semaines que dure la fermentation, le vin est surveillé. Dès qu'il atteint 8%vol., il est prêt pour être distillé. Cette étape a pour but d'isoler l'alcool des autres éléments.
Les alambics sont exclusivement en cuivre. Ce métal joue le rôle de catalyseur et n'altère pas le goût de l'alcool.

Le vin est distillé deux fois. Il est chauffé une première fois pendant 8 à 10 heures et produit un « brouillis » titrant entre 24 et 30°.
Ce brouillis est à nouveau chauffé (la bonne chauffe) pendant douze heures afin de ne garder que le meilleur de l'alcool appelé le cœur, une eau-de-vie limpide qui titre entre 58 et 72°. Les vapeurs condensées sont immédiatement déversées dans les fûts de chêne dans lesquels le liquide va vieillir pour devenir du Cognac.

Les fûts ont des capacités de 270 à 450 litres. L'alcool va y rester pendant de longues années, perdre une bonne partie de son taux d'alcool pour atteindre les 40° et s'évaporer à raison de 3 à 4% par an.
On estime que l'équivalent de 27 millions de bouteilles par an partent ainsi dans l'air de Cognac. C'est ce qu'on appelle « la part des anges ».

Ces vapeurs provoquent un phénomène étrange : elles nourrissent un champignon microscopique, le Baudoinia compniacensis qui recouvre en les noircissant, les pierres des murs leur donnant une couleur caractéristique à la région.

Au bout d'une dizaine d'années, le Cognac est arrivé à maturité et sa couleur est devenue foncée.
Durant tout le temps du vieillissement, les maîtres de chais procèdent aux coupes, aux assemblage afin d'obtenir le meilleur Cognac. Pour effectuer ces opérations essentielles, ils ne se fient qu'à leur sens !




Sel

Sel

La production de sel en Charente remonte à l'Antiquité et peut être même au néolithique. Toute l'économie de la ville de Cognac reposait sur ce produit qui était exporté principalement vers la Hollande. Lorsque les Bourbons accédèrent au pouvoir, ils ne renouvelèrent pas les privilèges de la ville qui dut faire face aux impôts.
C'est pourquoi ils se détournèrent peu à peu du sel devenu moins rentable pour se tourner vers la viticulture.




Les automobiles Delage

Les automobiles Delage

Les automobiles Delage ont été créées en 1905 par le cognaçais Louis Delage.
Débutant sa carrière comme ingénieur chez Peugeot, il décide de fonder sin propre atelier.
Au départ il se contente d'assembler des pièces achetées aux différents constructeurs et de les habiller de manière sportive.
Dès 1908, l'atelier se transforme en usine et les voitures Delage participent à des courses. Devant le succès de ses modèles, Delage se lance dans la fabrication de ses propres moteurs et améliore les carrosseries.
Les Delage remportent de nombreuses compétitions. Après un arrêt de la production pendant la guerre, son usine ayant été réquisitionnée, Delage va produire des voitures de tourisme et des modèles de luxe.
Malheureusement l'entreprise ne résistera pas à la crise des années 1930 et l'usine ferme ses portes en 1936. la marque est vendue à Delahaye qui la commercialisera jusqu'en 1953.




Verre à cognac

Verre à cognac

Le Cognac peut se déguster dans deux sortes de verre : le verre tulipe ou le verre ballon. Pour bien apprécier une dégustation, plusieurs sens sont requis, la vue pour apprécier la couleur et la viscosité, l'odorat pour découvrir son arôme subtil en le faisant légèrement tourné dans le verre… et enfin seulement le goût pour percevoir son bouquet incomparable.




Verrerie Claude Boucher

Verrerie Claude Boucher

La première verrerie ouvre ses portes en 1854 à Cognac afin de répondre aux demandes en bouteilles des producteurs d'eau-de-vie. E effet l'alcool est dorénavant vendus en bouteilles et non plus en barriques.
Cette première usine est suivie rapidement par d'autres et l'industrie du verre devient un acteur important de l'économie de la ville.
Claude Boucher achète la verrerie saint Martin et c'est là qu'il mettra au point son invention capitale : la machine à souffler le verre.