Guide Touristique : Castres

Castres

Citation :
Demandez-vous belle jeunesse, le temps de l'ombre d'un souvenir, le temps du souffle d'un soupir, pourquoi ont-ils tué Jaurès? (Jacques Brel)


Histoire de la ville de Castres

En 647, l'abbaye bénédictine de Saint Benoît est fondée sur le site de Castres. Malgré son nom rappelant le « castrum » romain, il n'y a pas de preuve qu'un camp ait été établi dans la région. Petit à petit, un village se créa autour de l'édifice religieux.

Il prendra véritablement son essor au début du 9ème siècle lorsque Castres devient une étape importante sur le chemin de Saint jacques. Les pèlerins viennent en effet se recueillir devant les reliques de Saint Vincent conservées dans l'église abbatiale.

Parallèlement, la cité s'enrichit grâce à son industrie textile. La majorité de ses habitants sont à cette époque tisserands, teinturiers ou tanneurs. Ils s'établissent le long de l'Agout.
Au 12ème siècle, elle est devenue la seconde ville de l'Albigeois et un important centre du Catharisme.

La famille Trencavel du vicomté d'Albi accorde à Castres une charte libérale.
En 1271, la ville entre dans le royaume de France, suite au traité de Paris mettant fin à la guerre entre les Albigeois et le roi de France et, en 1356 , elle obtient le statut de comté.
A la même époque, le pape Jean XXII y établit un évêché.
La ville connaît cependant des moments durs en raison d'une épidémie de peste, des guerres menées par le Prince Noir d'Angleterre dans tout le sud-ouest et des pillages organisés par des bandes de mercenaires durant la Guerre de Cent Ans.

La ville décline fortement, la population est réduite de moitié.
En 1476, Louis XI confisque le comté au Duc de Nemours et l'accorde à Boffille de Juge, aventurier franco-italien et chamberlain du roi.

Suite à un désaccord avec sa fille, il laissera le comté revenir à François Ier.
Au 16ème siècle, la région est tourmentée par les affrontements entre Catholiques et Protestants.
Castres se tourne vers le protestantisme et en devient le centre en France méridionale.
La ville s'enrichit et devient même indépendante.
Bien que Louis XIII expulse les protestants en 129, la ville va vivre une période de paix et de prospérité.

Durant la Contre-Réforme de l'Eglise catholique, plusieurs couvents, un nouveau palais épiscopal et une nouvelle cathédrale sont construits.
Castres devient également le siège de la Chambre de l'Edit régionale, chargée de rendre justice dans les affaires impliquant des protestants.
En 1670, cette chambre est transférée à Castelnaudary et de nombreux protestants choisissent l'exil à la révocation de l'Edit de Nantes.
Cette désertion cumulée à une nouvelle épidémie de peste en 1720 et un incendie en 1724 plongent Castres dans une nouvelle période noire.

Lorsque la Révolution éclate, les habitants restent modérés. Ils en sont punis, l'évêché est supprimé et, de préfecture, la ville devient sous préfecture au profit d'Albi.

Bien que privée de nombreux de ses privilèges, la ville développe son économie, en particulier l'industrie textile. En 1860, cinquante moulins de laine sont installés. Ils emploient 3000 personnes.
Peu après, l'industrie de construction mécanique s'implante également et la ville est reliée au réseau ferroviaire.
Son économie florissante se maintient jusqu'à la fin de la seconde guerre mondiale. A ce moment, l'industrie textile est en crise et Castres souffre de son éloignement du réseau autoroutier.

A l'heure actuelle, un projet de relier Castres à Toulouse par autoroute a été validé, ce qui sortira la ville de son isolement.



Visiter Castres

Blottie dans un écrin de verdure, traversée par l'Agout, Castres offre à ses visiteurs le charme tranquille d'une petite ville du Sud mais également un riche patrimoine historique et culturel avec un calendrier événementiel chargé.

Vous pouvez flâner dans ses ruelles, découvrir les anciennes maisons colorées bordant l'Agout, admirer les façades des hôtels particuliers témoins du riche passé industriel, visiter le musée consacré à Jean Jaurès ou à Goya et la peinture espagnole...
Partout les saveurs et les couleurs vous interpellent et, lorsque vous aurez parcouru le vieux Castres écrasé sous le soleil, vous retrouverez avec plaisir la fraîcheur du jardin de l'évêché, petit chef d'œuvre conçu par Le Nôtre ou le parc de Gourjade et ses 53 hectares d'aire de détente et de loisirs, paradis des familles.

Enfin, si vous voulez découvrir Castres, au fil de l'eau, n'hésitez pas à embarquer sur le Miredames, réplique des anciennes diligences fluviales qui vous promènera sur l'Agout.
Bonne visite...


Bonne visite...



Le palais episcopal et le jardin eveche

Le palais episcopal et le jardin eveche

En 1669, l'évêque de Castres, monseigneur Michel de Tuboeuf fait construire un palais épiscopal à Castres. Il confie le projet à Mansart.
Le palais est inauguré en 1673. De nos jours, il abrite l'hôtel de ville et le musée Goya consacré à la peinture espagnole.
A cette époque, il était flanqué d'un petit jardin en pente s'étendant jusqu'à la muraille fortifiée.
En 1676, l'évêque fait démolir les remparts et combler le fossé. Une nouvelle muraille est construite plus loin. Le remblaiement ne sera achevé qu'en 1696, bien après la mort de Monseigneur de Tuboeuf.
Le jardin sera achevé en 1700 et présente le même aspect qu'il a de nos jours. C'est Le Nôtre qui en dessine les plans, tirant parti de sa forme irrégulière. Il crée des parterres de broderie et un splendide point d'eau. En 1800, on le ceint d'un mur de pierre qui sera abattu sous Napoléon. Le jardin devient alors public.

Au 20ème siècle, le jardin connaîtra quelques aménagements : l'ancien kiosque à musique est enlevé en 1910 et, en 1963, le bassin central accueille une fontaine.




Industrie de la laine de Castres

Industrie de la laine de Castres

Les premiers témoins du filage remontent au néolithique moyen et concernent probablement des fibres végétales, lin ou orties.
Dans la région de Castres, on retrouve des traces de cette activité vers le 2ème millénaire.
Dès cette époque, l'artisanat textile et ensuite l'industrie ne cessent de se développer.
Afin de les approvisionner en matières premières, l'élevage de moutons et les cultures de plantes tinctoriales s'intensifient également.

En 1670, les Manufactures Royales sont créées par Colbert visant à préserver la qualité des produits et donc la réputation de l'industrie drapière française, favorisant ainsi le commerce avec l'Orient.
Au milieu du 18ème siècle, l'industrie lainière connaît un déclin important dans la région de Castres.
Heureusement, les frères Guibal vont redynamiser l'économie en inventant des nouvelles variétés de tissus et en installant la première filature de laine à moteur hydraulique.
L'industrie lainière connaît un nouvel essor.




Jean Jaures

Jean Jaures

Auguste Marie Joseph Jean Louis Jaurès est né à Castres le 3 septembre 1859. sa famille appartient à la bourgeoisie provinciale. Il est l'aîné de deux garçons, son frère Jules deviendra amiral et député républicain-socialiste.

Jean Jaurès réussit brillamment ses études et est reçu premier à l'Ecole normale supérieure.
En 1881, il est agrégé de philosophie et entame une carrière dans l'enseignement d'abord à Albi et ensuite à Toulouse.

En 1885, il tente sa chance dans la vie politique et est élu député à Castres.
Ses propositions de réforme sociale le font remarquer. Il ne sera cependant pas réélu et il part à Toulouse où il va se présenter sur la liste socialiste tout en continuant à enseigner. En 1892, il est reçu docteur en philosophie.

La même année, la grève des mines de Carmoux éclate suite au licenciement de Jean-Baptiste Calvignac qui s'était absenté pour remplir sa charge de maire du village.
Lorsque la république française prend parti pour les patrons et envoie 1500 soldats pour contrer la grève, Jean Jaurès fait paraître des articles dans la Dépêche et soutient les ouvriers, critiquant ouvertement un gouvernement aux mains de la finance et de l'industrie.
Le gouvernement fait machine arrière et donne raison à Calvignac. Jaurès sera alors plébiscité par les ouvriers pour les représenter à la Chambre.
Il sera élu en tant que candidat socialiste indépendant. Il prend résolument la défense de la classe.

L'affaire Dreyfus va le faire rentrer dans l'Histoire. Dès lors, il ne se bat plus uniquement pour une classe mais bien pour toute personne victime d'une injustice et cela quelle que soit son origine sociale.
Cela lui faudra d'être battu aux élections. Il devient alors directeur de « La petite République » avant de fonder en 1904 « L'Humanité ». Le ton est donné : dans ses articles, Jaurès donne priorité à l'Union socialiste et prône une révolution démocratique mais non violente.
A partir de 1910, il sent la menace imminente d'une guerre. Il préconise une organisation de la défense nationale. Bien que pacifiste, Jaurès n'est pas antimilitariste.
Ses propos déplaisent aux nationalistes qui le font assassiner à Paris le 31 juillet 1914... Trois jours plus tard, la guerre était déclarée.




Chambre de l Edit a Castres

Chambre de l Edit a Castres

Le 16ème siècle voit l'éclosion de nombreux conflits religieux entre protestants et catholiques.
Le 30 avril 1598, le roi de France, Henri IV autorise par l'Edit de Nantes, la liberté de culte aux protestants. Lui-même était protestant avant de se convertir au catholicisme pour obtenir la couronne de France.
Cet acte met fin aux guerres de religion.

Des Chambres de l'Edit, appelée chambres mi-parties existaient déjà depuis 1576 au sein des huit parlements du royaume. Elles sont composées d'un nombre égal de catholiques et de réformés et sont chargées de juger toutes les affaires impliquant des protestants.

Après l'Edit de Nantes, ces chambres obtiennent une légitimité plus importante. La chambre de Castres a été constituée en 1595. C'est une des seules à observer véritablement la partition équitable.
La mission principale des chambres est d'assurer la paix et l'ordre sociale et de garantir les droits aux protestants. Elles seront supprimées en 1669 par un édit de Louis XIV précédant la révocation de l'Edit de Nantes en 1685.

Bien des années plus tard, les tensions entre catholiques et protestants sont toujours aussi fortes dans la région. A Castres, l'affaire Sirven va faire grand bruit.
Le protestant Pierre Paul Sirven, archiviste notaire à Castres à trois filles dont une, Elizabeth, est handicapée mentale.
En 1760, celle-ci disparaît et est retrouvée au couvent des Dames Noires, institution chargée de recueillir les filles de protestants emprisonnés par lettre de cachet.
Sirven n'ose rien dire. Cependant les mauvais traitements reçus au couvent font empirer l'état de la jeune fille qui est alors rendue à ses parents.
Sirven accuse les Dames Noires et celles-ci, par vengeance, dénoncent les époux Sirven pour mauvais traitement à l'égard de leur fille désireuse de se convertir au catholicisme. Ordre est donné aux parents de reconduire Elizabeth au couvent.
Un an plus tard, la jeune fille disparaît à nouveau. Elle sera retrouvée deux semaines plus tard au fond d'un puits. Les parents sont accusés de meurtre et condamnés à mort. Heureusement, prévenus à temps, ils ont le temps de s'enfuir. Ils prennent contact avec Voltaire qui accepte de les aider, révolté devant le désespoir de cette famille injustement accusée d'infanticide.
Il alerte les cours étrangères, multiplie les écrits et contacte des personnes influentes.

En 1769, il obtient ainsi la révision du procès Sirven et, en 1771,le jugement est cassé. La famille est réhabilitée et reçoit une indemnisation.




Repountsous

Repountsous

Les habitants du Tarn ont l'habitude de partir chaque printemps à la cueillette de repountsous (tamus communis ou tamier).
Elle est surnommée également « herbe aux femmes battues » ayant la particularité de faire disparaître les bleus des coups.
Le repountsous est une sorte de liane ressemblant à une asperge, qui pousse à l'ombre en s'enroulant autour des autres végétaux.
Il faut les cueillir avant leur flétrissement qui provoque la toxicité de la plante.
Une fois ébouillantée, les Tarnais les dégustent en omelette ou en salade.




Ail de Lautrec

Ail de Lautrec

L'ail rose de Lautrec est cultivé dans les environs de castres.
Il se différencie de l'ail ordinaire par sa couleur rosée. C'est le seul ail à avoir le label rouge et le label européen, depuis 1996.
La légende raconte que durant le Moyen Age, un commerçant ambulant aurait échangé un repas contre quelques gousses.
L'aubergiste les planta et donna ainsi naissance à la culture de l'ail dans la région.
Au 19ème siècle, on retrouve la mention de vente de grappes sur les marchés de Castres, Mazamet et Albi.
Depuis la seconde guerre mondiale, de jeunes agriculteurs ont développé ces cultures et, à l'heure actuelle, 290 hectares produisent quelques 700 tonnes d'ail annuellement.




Poumpet

Poumpet

Le poumpet a été inventé à la fin du 19ème siècle dans la région du Tarn.
Il s'agit d'un gâteau gras et assez lourd confectionné à base de graisse d'oie, d'œufs, de farine, de sucre, de miel et de zeste de citron.




Miel de Castres

Miel de Castres

L'avant dernier dimanche d'octobre, la Foire au Miel des Pays Tarnais se déroule dans le parc de la Gourjade, à Castres.
On peut y trouver du miel d'acacia ou de lavande, du miel noir de forêt, du miel de garrigue… mais aussi de la gelée royale et de la propolis, substance antiseptique très utilisée dans les produits de soin et de bien être.