Guide Touristique : Bruges

Bruges

Ces quais de Bruges, combien, dans ma pensive jeunesse, je les ai suivis, confess?s, aim?s, ..., avec des maisons dont les vitres mortes me regardaient
Georges Rodenbach

Le site de Bruges semble avoir ?t? occup? au tout d?but de notre ?re par une colonie gallo-romaine qui d?j? faisait commerce avec l'Angleterre et le reste de la Gaule.
Au milieu du IX?me si?cle le nom de " Bruges " appara?t pour la premi?re fois dans des documents mais ?galement sur des pi?ces de monnaie frapp?es en 870. l'origine du nom est probablement due ? la contraction du mot flamand rugia (cours d'eau) et du mot norv?gien ryggia (quai). Cela nous rappelle qu'? cette ?poque la ville qui avait alors un acc?s direct ? la mer entretenait des rapports commerciaux avec la Scandinavie.
La renomm?e internationale de Bruges progresse et la ville devient un grand centre commercial principalement avec l'Angleterre. Au XII?me si?cle, Bruges construit une enceinte fortifi?e et organise les institutions de la ville dans une charte. Ce sont des ?chevins qui la gouvernent.
En 1134 un raz de mar?e creuse un bras de mer et Bruges retrouve une voie vers la mer apr?s l'avoir perdue en cause de l'ensablement progressif. Bruges redevient un port drapier international. La manufacture est flamande mais les mati?res premi?res sont import?es pour la plupart de l'Angleterre. Les ?toffes luxueuses ?taient appr?ci?es dans tous les pays d'Europe. A partir du XIII?me si?cle, les n?gociants ?trangers affluent ? leur tour dans la r?gion apportant leurs propres mati?res premi?res et produits agricoles au march? de Bruges. La population conna?t alors une croissance extr?mement rapide et Bruges devient l'une des plus grandes villes d'Europe. Des banquiers brugeois et italiens ainsi que la Hanse s'installent.
Cependant les diff?rences de revenus entre les artisans et les Patriciens s'accentuent et provoquent l'insurrection. En 1302, la classe populaire s'allie au comte de Flandres contre le roi de France. Les Flamands sortent vainqueur de la bataille des Eperons d'Or le 11 juillet 1302. Bruges se d?mocratise. A la fin du XIV?me si?cle, la Flandre fusionne avec la Bourgogne. Les Ducs font construire ? Bruges un palais malheureusement d?truit, la Cour des Princes. Le train de vie est fastueux. Les grands mariages y sont organis?s comme celui de Philippe Le Bon et Isabelle de Portugal ou celui de Charles Le T?m?raire avec Marguerite d'York. L'art et la culture s'?panouissent pareillement.
En 1482, ? la mort de Marie de Bourgogne, Bruges conna?t une p?riode de troubles dont elle ne se rel?vera jamais compl?tement et perd sa place au profit d'Anvers. Petit ? petit Bruges s'appauvrit. Les ressortissants ?trangers s'installent ? Anvers. Le port de Bruges est ruin?.
Il faut attendre le XIX?me si?cle pour que la ville sorte doucement de l'oubli. Les familles vivaient de la confection artisanale de la dentelle mais pr?s de la moiti? de la population doit encore ?tre aid?e par l'assistance publique. Lorsque Georges Rodenbach ?crit son c?l?bre roman " Bruges la morte ", l'image romantique et nostalgique qu'il donne ? la ville attire petit ? petit les touristes qui succombent au charme des vestiges du pass?.
Parall?lement au tourisme, Bruges a su redonner un ?lan ? son commerce gr?ce ? son avant port, Zeebrugge.



Visitez Bruges

Pour visiter Bruges, nul besoin de liste de monuments car chacune de ses places, chacune de ses rues, chacun de ses canaux m?ritent le d?tour. N'h?sitez pas ? prendre place ? bord d'une des embarcations pour d?couvrir la ville sur l'eau ou ? bord d'une cal?che pour d?ambuler dans les vieilles rues en pav?s.
Vous vous impr?gnerez ?galement de la s?r?nit? qui se d?gage du b?guinage et vous aurez l'impression d'?tre transport?s dans une autre ?poque en apercevant quelques silhouettes de nonnettes regagnant furtivement leur habitation au sortir de la messe.
Vous vous laisserez peut ?tre tent?s par quelque ouvrage en dentelle ou par un ballotin de pralines avant de faire le tour de mus?es mondialement connus comme le Gruthuse.
Quoiqu'il en soit vous ne quitterez pas cette ville romantique sans un brin de nostalgie.
Bonne visite...


Bonne visite...



Beguinage

Beguinage

Les b?guines ?taient le nom donn? ? des filles ou des veuves se r?unissant en communaut? religieuse sans prononcer de voeux.
Les premi?res communaut?s de b?guines datent du 12?me si?cle. Le mouvement est principalement localis? dans le nord de l'Europe, Allemagne, Belgique et nord de la France.
Ces femmes (et parfois quelques hommes appel?s b?guards) menaient une vie spirituelle intense et habitaient g?n?ralement dans un b?guinage, petit village dans la ville. Ces b?guinages comprenaient une s?rie de petites maisons individuelles, quelques b?timents communs, chapelle et h?pital construits autour d'une place arbor?e. Elles vivaient de mendicit? et d'artisanat, tissage, poterie ou copie de livres. N'?tant pas sous la tutelle de l'?glise, celle-ci se sent concurrenc?e et au 13?me si?cle, les b?guines sont pers?cut?es et accus?es d'h?r?sie. Les communaut?s de b?guines seront cependant tr?s actives jusqu'? la fin du 15?me si?cle.
Le b?guinage de Bruges, appel? " Ten Wijngaarde " a ?t? officiellement fond? en 1245 par Marguerite de Constantinople, comtesse de Flandres. Une sup?rieure " la grande demoiselle " dirigeait la communaut? qui a accueilli des b?guines jusqu'en 1928. De nos jours ce sont des soeurs b?n?dictines qui habitent le b?guinage.




Beffroi et halles de Bruges

Beffroi et halles de Bruges

En 1240, une premi?re construction surmont?e d'une tour en bois est construite pour servir de lieu de r?union des magistrats de la ville. Un incendie la r?duit en cendres en 1280.
Aussit?t un nouveau beffroi, en pierres cette fois-ci est ?rig? et des halles y sont accol?es. Les b?timents seront plusieurs fois agrandis jusqu'au 15me si?cle.
C'est sur le balcon surplombant le portail d'entr?e que les autorit?s communales proclamaient lois et ?dits jusqu "au 18?me si?cle. La population ?tait pr?alablement rassembl?e en faisant sonner la cloche.
Ces annonces ?taient appel?es " hallegeboden ", ce qui signifie d?crets des halles.
Le rez-de-chauss?e constitu? des halles servait de march? couvert. Les ?tages renfermaient successivement la salle de tr?sorerie ou ?taient pr?cieusement conserv?es les chartes, la salle des festivit?s, le gros bourdon, les salles des machines d'ou ?taient actionn?s horloge, carillon et les 47 cloches du beffroi et enfin une plate forme offrant une vue spectaculaire sur toute la ville et la plaine avoisinante.




Hanse

Hanse

La hanse est ? l'origine une association de marchands qui joua un r?le pr?pond?rant dans le commerce et ensuite dans la vie politique du 12?me au 17?me si?cle, principalement en Allemagne et dans les pays situ?s autour de la Baltique.
Bruges ne fit pas partie ? proprement parler de la ligue mais les marchands allemands apparaissent tr?s t?t sur le march? brugeois et en 1252, la Hanse y obtient des privil?ges. Bruges devient avec Londres et Bergen l'un des trois comptoirs hans?atiques en mer du Nord. En 1359 les " Osterlins " ratifient leurs statuts, r?gissent leurs propres finances et ?lisent leurs conseillers et ?chevins. Ces derniers portent le titre de " Tr?s nobles et excellents pr?sidents des marchands orientaux ou de la Hanse d'Allemagne ".
En 1442, la ville leur offre une demeure et un terrain d'entreposage tout pr?s du canal d'entr?e dans la ville. Ils y construiront leur si?ge, la Maison des Orientaux " qui restera en activit? jusqu'en 1553 lorsque la Hanse transf?re son comptoir ? Anvers.




Basilique du Saint Sang de Bruges

Basilique du Saint Sang de Bruges

Selon la tradition, la relique du " Saint Sang " aurait ?t? ramen?e de J?rusalem en 1148 par le comte Thierry d'Alsace mais la date est incertaine et il est probable qu'elle est arriv?e ? Bruges quelques ann?es plus tard apr?s avoir ?t? conserv?e ? Constantinople. Ce qui est certain c'est que le flacon dans lequel le saint Sang est conserv? est bien le flacon original taill? en Orient dans un cristal de montagne ?vid?.
Depuis 1338, le flacon est serti dans un cylindre de verre garni de montures en or. Il est conserv? dans la Chapelle St Basile b?tie en style roman en 1523 et reconstruite au 19?me si?cle dans un style n?o-gothique tr?s charg?. Elle a ?t? ?lev?e au rang de basilique en 1923.
Depuis la fin du 13?me si?cle, la procession du Saint Sang sort chaque jeudi de l'Ascension. De nos jours encore, des milliers de spectateurs assistent ? la procession dont la partie historique retrace l'arriv?e de Thierry d'Alsace en ville et la partie religieuse illustre les ?pisodes bibliques par des tableaux vivants.




La dentelle de Bruges

La dentelle de Bruges

Aux XVIIe et XVIIIe si?cles, toutes les cit?s de Flandre et du nord de la France se mirent ? utiliser les indigents pour r?pondre ? une demande croissante pour les ornements de v?tements et de linge en dentelle. Elle ?tait ex?cut?e au logis par des femmes d?j? ?cras?es de t?ches m?nag?res. Le marchand fournissait le fil et fixait le prix du travail fini. Seul produit d'exportation ? la suite de la crise du textile flamand, la dentelle s'est longtemps maintenue sur les march?s gr?ce ? son faible co?t et ? sa qualit?. La technique du fuseau reste une sp?cialit? brugeoise, pourtant, rares sont les dentelli?res encore capables de r?aliser le " point de f?e ", une sorte de chef d'oeuvre absolu dans l'art des dentelles, qui n?cessitait de 300 ? 700 fuseaux !




La biere de Bruges

La biere de Bruges

En 1564 le registre communal brugeois mentionne d?j? l'existence d'une brasserie " Die Maene " ? la Place de la Digue. C'est en 1856 que L?on Maes, alias Henri I, devient propri?taire du b?timent. Avec l'aide de son oncle, le chanoine P.J. Maes, il y installe une brasserie moderne. On y appliquait les m?thodes de brasserie de l'?poque. On produisait une bi?re trouble et acide de fermentation haute ? conservation limit?e. La bi?re n'?tait fabriqu?e et distribu?e qu'en tonneaux.
Apr?s la premi?re guerre mondiale Henri III reprend la brasserie en mains. Il se rend en Allemagne pour s'approfondir dans l'art de brasser. L'Allemagne ?tait alors la r?f?rence brassicole. Il y faisait la connaissance des bi?res de fermentation basse et d?cida aussit?t de brasser des bi?res similaires ? Bruges. Pendant les ann?es 70, les habitudes des gens changent? Les gens ach?tent de plus en plus aux supermarch?s. La brasserie est trop petite pour les fournir. La brasserie ouvre ses portes au public. L'ancienne malterie et les anciennes installations sont transform?es en salles de f?tes.
Depuis avril 2005, la longue tradition brassicole qu'avait connu la ville de Bruges tout au long de son histoire a ?t? remise ? l'honneur gr?ce ? la reprise des activit?s de la brasserie De Halve Maan. C'est donc avec grande fiert? que la Brasserie De Halve Maan a pr?sent? son dernier-n? : la bi?re Brugse Zot (le Fou de Bruges) en souvenir du sobriquet donn? aux Brugeois par Maximilien d'Autriche lors de sa Joyeuse entr?e.




Les eperons d'or de Bruges

Les eperons d'or de Bruges

Bruges avait l'exclusivit? de l'importation de la laine venant d'Angleterre. Ce commerce ?tait entre les mains de bourgeois mais lorsque le ?douard Ier d'Angleterre installa un point de vente pour faire affaire directement avec les clients, les tisserands, la rivalit? s'exacerba. Les n?gociants firent appel ? leur suzerain, le roi Philippe le Bel, pour assurer leur position dominante et monopolistique.
Des insurg?s flamands p?n?trent pendant la nuit dans les maisons et tuent un millier de Fran?ais. SPour les distinguer, ils auraient abord? les occupants des chambres en leur demandant de r?p?ter apr?s eux : " Schild en vriend ", phrase difficile ? prononcer pour un francophone qui signifie " bouclier et ami ". Cette r?volte mena quelques semaines plus tard ? la bataille des ?perons d'or, qui opposera les milices flamandes aux troupes fran?aises le 11 juillet 1302. La bataille s'ach?ve pour les Fran?ais pourtant en surnombresur un d?sastre sans nom. Robert d'Artois, commandant de l'arm?e lui-m?me est tu?, les assaillants d?daignant de le capturer pour en tirer ran?on.
Les Flamands ramassent dans la boue de la plaine de Groeninghe les ornements abandonn?s par les chevaliers fran?ais. Ces fameux ?perons d'or iront orner l'?glise Notre-Dame de Courtrai.




Minnewater

Minnewater

Au temps de la splendeur de Bruges, port international, c'est au Minnewater (Lac d'Amour), l? ou la reie s'?largit que les navires marchands mouillaient. Quotidiennement une barge venant de Gand tir?e par trois chevaux d?barquait passagers et marchandises entre 1614 et la fin du XIX?me si?cle, en passant par le canal Bruges-Gand.
Aujourd'hui le Minnewater est un lieu calme et paisible, romantique et incitant ? la r?verie, rappelant la l?gende de Minna et Morin Stromberg. A l'?poque de la conqu?te de la Gaule par les romains, une jolie jeune fille vivait ? Bruges avec son p?re. Minna ?tait tomb?e amoureuse de Morin Stromberg, un guerrier de la tribu voisine, tribu peu appr?ci?e par le p?re.
Arriva l'invasion des romains. Stromberg partit en guerre, assur? de la fid?lit? de sa bien aim?e. Le p?re ayant fix? une date de mariage avec un autre pr?tendant pour sa fille, celle-ci d?cida de s'enfuir dans la for?t. Lorsque Morin la retrouva, il ?tait trop tard, elle ?tait ?puis?e et mourut dans ses bras. Stromberg endigua la rivi?re, enterra Minna au milieu du lit ass?ch?, puis rompit la digue.