Guide Touristique : Beaune

Beaune

Ô bienheureuse Bourgogne (...) absolument digne d'être appelée la mère des hommes, depuis qu'elle possède un tel lait dans ses mamelles. Erasme

Anciennement "Belena", puis "Belno-Castrum", les origines de Beaune remontent à l'époque gallo-romaine. Elle comprend alors un castrum ceint de murailles et connaît déjà une grande activité dans le domaine viticole.
Beaune malgré ses grandes heures historiques en tant que résidence des Ducs de Bourgogne a traversé les siècles avec sérénité et opulence grâce à son négoce de vin. Avant même l'arrivée des Ducs, en 956, Otton 1er et après lui, Henri le Grand s'installe à Beaune. C'est à ce moment que fut construit le bâtiment sur lequel sera édifié l'hôtel ducal abritant de nos jours le musée du vin.
Le vaste édifice occupe une grande partie du site de l'ancien castrum et c'est au 13ème siècle qu'il acquiert sa forme et ses dimensions actuelles.
En 1477, la Bourgogne est rattachée à la couronne de France. Un château est élevé et les murailles sont élargies.
Quatre grosses tours, appelées boulevards, y sont intégrées au 16ème siècle et cinq bastions au 17ème siècle. Le château sera démoli en 1602 et son emplacement vendu à des particuliers.
Bien que les remparts soient en partie remplacés par des espaces verts publics, Beaune a su en préserver un large périmètre ainsi que plusieurs tours et bastions.
De l'époque ducale, le bâtiment le plus célèbre est, bien entendu, l'Hôtel-Dieu fondé par Nicolas Rolin, chancelier de Philippe Le Bon et sa femme Guigone de Salins.
Ses toitures polychromes de l'Hôtel-Dieu ont véhiculé l'image de la Bourgogne. Ce monument, construit au temps ou le pouvoir du duc s'étendait à la Flandre et aux Pays-Bas, a bénéficié d'un luxe de moyens.
Architecture et décoration doivent beaucoup aux artistes flamands fréquentant la cour de Bourgogne. Le polyptyque de Rogier Van Der Weyden en est le fleuron.
De nos jours, Beaune reste toujours célèbre pour ses vins et toute l'économie de la région est basée sur ce commerce et le tourisme qui en découle.



Visitez Beaune

Pour visiter la jolie ville de Beaune, rien ne vaut une promenade à pieds dans ses paisibles ruelles en pavé. Vous pourrez y admirer de nombreuses façades remontant au 12ème siècle ainsi que des monuments romans dont la très belle Notre Dame de Beaune, devenue basilique et les vestiges de sa première église, Saint Baudèle, devenue cave d'une maison particulière. Ces témoins du Moyen Age s'unissent aux belles façades des maisons Renaissance, aux places fleuries, aux petits jardins clos pour offrir une vision pleine de charme de la ville.
La visite se poursuivra en sous-sol…. car il ne faut pas quitter la cité sans avoir admiré ses caves impressionnantes par leur taille et par leurs trésors que vous pourrez déguster... avec modération bien entendu. Vous pourrez compléter cette découverte par un détour dans un petit domaine viticole. Il est conseillé d'éviter la période des vendanges car les viticulteurs sont alors trop occupés et les domaines trop importants afin de recevoir un accueil plus convivial et souvent à des prix plus modérés.
Enfin n'oubliez pas les musées abrités dans les monuments prestigieux que sont l'Hôtel-Dieu et l'Hôtel des Ducs de Bourgogne.
Bonne visite...


Bonne visite...



L'hotel-dieu de Beaune

L'hotel-dieu de Beaune

" Moi, Nicolas Rolin, chevalier, citoyen d'Autun, seigneur d'Authume et chancelier de Bourgogne, en ce jour de dimanche, le 4 du mois d'août, en l'an de Seigneur 1443 ...dans l'intérêt de mon salut, désireux d'échanger contre des biens célestes, les biens temporels …je fonde, et dote irrévocablement en la ville de Beaune, un hôpital pour les pauvres malades, avec une chapelle, en l'honneur de Dieu et de sa glorieuse mère... "
Nicolas Rolin, chancelier du duc de Bourgogne Philippe Le Bon, et sa femme Guigone de Salins veulent fonder une oeuvre de charité afin de venir en aide aux malades et aux démunis. Suite à la Guerre de Cent ans, aux famines et à la peste, Beaune connaît en effet des moments difficiles et sa population déjà reconnaissante à Rolin pour son administration et ses mesures financières va bénéficier d'une institution sans égal. En 1441, Eugène IV place l'oeuvre sociale sous tutelle épiscopale évitant ainsi une main mise de l'évêché et l'Hôtel_dieu est fondé officiellement en 1443. Il accueillera son premier patient le 1er janvier 1452. ce sont les soeurs hospitalières qui produisent les soins aux malades et elles sont également chargées de distribuer du pain aux indigents venant à la porte. L'hôpital est resté en fonction jusqu'en 1971. Grâce aux dons, les Hospices devinrent propriétaire au fil du temps de plus de 60 hectares de terres vinicoles dont ils tirèrent leurs revenus. De nos jours encore, les bénéfices servent à financer les installations hospitalières.
Au cours de la visite, ne manquez pas de visiter la première grande salle des malades longue de près de 50 mètres, l'apothicairerie et la cuisine ou un automate, Messire Bertrand tourne la broche depuis 1698 sans oublier le splendide polyptyque du peintre tournaisien RogierVan Der Weyden.




Basilique Notre Dame de Beaune

Basilique Notre Dame de Beaune

La collégiale Notre Dame de Beaune, devenue basilique en 1958 a été bâtie sur le site de l'ancien castrum romain Belena. La fondation date de la fin du 10èeme siècle et l'église actuelle a été construite au 12ème siècle par Etienne de Bagé, évêque d'Autun.
Elle est caractéristique du style roman bourguignon : élévation sur trois étages, piliers cruciformes et clocher surplombant une coupole.
Quelques éléments gothiques furent ajoutés aux 13èeme et 14ème siècles comme les arcs-boutants et le porche.




Vente aux encheres de Beaune

Vente aux encheres de Beaune

Chaque année, le troisième dimanche de novembre, se déroule la vente aux enchères des vins des Hospices de Beaune rassemblant des acheteurs venus du monde entier. La vente se déroule à la chandelle, un commissaire-priseur dirige les enchères tandis qu'un crieur stimule les acquéreurs possibles afin de faire monter celles-ci.
C'est la plus grande vente de charité existant. Les bénéfices servent à financer les installations hospitalières de Beaune. De plus le produit de la vente d'une des pièces de vin (228 litres) est reversé intégralement à une oeuvre caritative différente chaque année.




Theatre de Verdure de Beaune

Theatre de Verdure de Beaune

Les anciens bains-douches de Beaune furent édifiés en 1813 par Pierre Champonnois dans l'ancien Fossé Saint Jean afin de contribuer à la propreté et à la santé de la population. Le bâtiment en hémicycle fut surélevé d'un étage en 1853.
A partir de 1955, les Bains sont transformés en Théâtre de Verdure. La ville racheta le site en 1968 et depuis les " Amis du Vieux Beaune " ont entrepris une superbe restauration grâce à la générosité des Beaunois attachés au patrimoine de leur ville.




Bouteille des hospices de Beaune

Bouteille des hospices de Beaune

En 1457, le Beaunois Jehan de Clomoux lègue 33 hectares de corton aux hospices. Le dernier don en date, effectué en 1997, consiste en 4 hectares de Beaune Premier Cru, offerts par Monsieur Floquet. C'est donc plus de 60 hectares de vignoble qui sont actuellement cultivés, la quasi-totalité des ceps composés d'appellations prestigieuses, premiers crus et grands crus.
Par souci de qualité, le rendement est volontairement limité en moyenne à 30 hectolitres à l'hectare. Les vendanges se font à une date déterminée conjointement par le directeur des Hospices et son régisseur. Les raisins récoltés, à l'exception des verjus (raisins verts) et des grappes pourries sévèrement triés, entrent en fermentation à la Cuverie des Hospices.
Depuis 1994, les Hospices disposent d'une nouvelle cuverie, construction qui traduit une fois encore la volonté de produire des vins de très grande qualité. Jouant sur le contraste entre une architecture rurale et des équipements ultra-modernes, la nouvelle cuverie offre une souplesse d'utilisation profitable à toutes les cuvées, tous millésimes confondus.
Au total, les hospices possèdent 39 cuvées, portant chacune le nom des grands bienfaiteurs.




Nicolas Rolin de Beaune

Nicolas Rolin de Beaune

Né en 1376 au sein d'une famille bourgeoise d'Autun, il épousa Marie des Landes, mariage qui favorisa son entrée dans la bourgeoisie de Paris. En 1422, Nicolas Rolin fut nommé chancelier de Philippe le Bon, duc de Bourgogne. Il fut très lié à Jean sans Peur, qui fut le parrain de son troisième fils. Veuf, il épouse en 1412, Guigone de Salins issue de la noblesse comtoise.
Il est également le fondateur, avec sa femme Guigone de Salins, des Hospices de Beaune, en 1443. Il crée en 1452 un nouvel ordre religieux : Les soeurs hospitalières de Beaune. Après avoir été l'un des piliers du traité d'Arras qui mis fin à la guerre de Cent ans, Il décède en 1462.




L'epoisses de Beaune

L'epoisses de Beaune

L'époisses est un fromage français de la région bourguignonne, bénéficiant d'une AOC depuis 1991. C'est un petit fromage à base de lait de vache, à pâte molle, à croûte lavée, d'un poids moyen de 250 grammes avec au moins 50 % de matière grasse. Il est affiné en étant frotté au marc de Bourgogne. Sa couleur orangée est due aux bactéries de surface : l'utilisation de colorants est strictement interdite.
Sa période de dégustation optimale s'étale de mai à novembre (périodes de pâturage) après un affinage de 4 semaines, mais il est aussi excellent d'avril à décembre.




Pot a pharmacie

Pot a pharmacie

La thériaque fut longtemps considérée comme une véritable panacée et un contrepoison universel. Mithridate VI Eupator (132-63 avant J-C), roi du Pont, qui vivait dans la hantise d'être empoisonné s'était immunisé petit à petit contre tous les poisons en en testant toute une quantité à faibles doses. Dans la Rome antique, Andromaque, médecin de l'Empereur Néron, et Galien ont aussi préparé de la thériaque à base d'opium, de chair de vipère, jusquiame, opopanax, réglisse et autres rognons de castor, ... bref, près d'une septantaine d'ingrédients d'origine végétale, animale et minérale. La thériaque sera prescrite contre les fièvres, les morsures d'animaux, la colique, l'asthme, la peste, bref, un véritable remède universel, qui ne fut retiré de la vente qu'en 1908. Une mine d'or pour les apothicaires car tous les ingrédients qui entraient dans sa composition étaient rares et onéreux. On assista de plus à toute une série d'abus, de falsifications, et de "recettes maison" préparées à base de restes de produits sensés provoquer un effet miraculeux, "contrecarrer tous les poisons et guérir tous les maux". Ce remède pourtant douteux parvint à se maintenir près de 2000 ans.